Ego trip

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Aline Isoz officie en tant qu’experte en transformation numérique auprès des entreprises et institutions romandes. Titulaire d’un Bachelor en Communication, Marketing et Relations publiques, elle a commencé sa carrière dans le monde des agences publicitaires comme indépendante, puis a successivement occupé les postes de Directrice de création et de Directrice des stratégies digitales en Suisse romande, avant d’ouvrir sa propre agence en gestion de marques et branding, Blackswan et alineisoz.ch, un service d'accompagnement à la transformation digitale des RH, notamment. 

Nominée en 2015 pour le prix de la « Femme digitale de l’année » au Meilleur du Web, Aline Isoz a mis sur pied une délégation suisse de femmes actives dans le numérique invitée à la Journée de la femme digitale à Paris en mars 2016 ; elle consacre depuis une série de portraits aux femmes suisses du numérique dans Le Temps, après avoir tenu pendant 5 ans une chronique dans le magazine Bilan.

Membre de l’ACAD, elle intervient régulièrement dans le cadre de conférences ou d’ateliers thématiques auprès de décideurs, d’administrateurs de société et commente également les enjeux liés au numérique dans les médias en tant qu’experte. 

En 2016, elle est devenue membre du comité du Cercle suisse des administratrices, membre d’une commission pour Vigiswiss et a rejoint le conseil consultatif de la société aequivalent, de même que le conseil d’administration de la société Globaz SA.

De nationalité suisse, Aline Isoz parle français, allemand et anglais et elle a suivi des formations sur le Business Model Canvas Generation, sur l’intelligence économique et la veille stratégique, ainsi que sur les ressources humaines. 

mercredi 31 août 2011

En avant la musique

Des mois, des années à essayer d'ouvrir les oreilles de mes filles à la musique. Débutant par Henri Dès, il a quand même fallu également écouter toutes les célèbres comptines pour enfants, de "Le pont d'Avignon" à "Au feu les pompiers", et AVEC les chorégraphies, s'il vous plaît! Ensuite, en douceur, on est passé à Queen, West Side Story, Grease, sans oublier les français, Polnareff, Gainsbourg, ni le classique (merci aqua concert!).

Elles aiment aussi des trucs plus récents: Christophe Maé, Ben l'Oncle Soul, Black Eyed Peas, après, évidemment, elles ont leurs affinités personnelles, ce qui est parfaitement normal. Mais là où j'ai vu le monde s'effondrer, c'est quand, aujourd'hui, j'écoutais la version de "Les Bêtises" par Julien Doré et que mes filles ont commencé à rire en me disant qu'il chantait horriblement mal et qu'elles m'ont demandé de mettre plutôt cette version-ci:



D'ici à ce qu'elles préfèrent la bouffe du MacDo à de la vraie nourriture, il n'y a désormais plus qu'un pas...

lundi 29 août 2011

A la maison!

Voilà à peu près comment on pourrait interpréter les énormes efforts consentis par notre système d'éducation pour convertir les femmes au rôle de femmes au foyer... Je n'ose même pas imaginer le temps que ça doit leur prendre pour concevoir des horaires, systèmes de notation et distinctions de niveaux aussi parfaitement incompatibles.

Les semaines de préparation, de discussions intercantonales, d'échanges de mail, d'adaptations, pour réussir à faire en sorte que les Suisses ne se déplacent pas trop avec leurs enfants à travers le pays. On ne se rend pas compte du côté fastidieux de ce genre de job, véritable supplice de Sisyphe... Au moins, c'est sûr, chez nous, les parents réfléchissent à deux fois avant de changer de canton, tellement ils ont peur de perturber la scolarité de leurs ouailles. Faut dire que d'un endroit à l'autre, les exigences changent, les matières enseignées aussi, sans parler des problèmes de langues, évidemment.

Ca, c'est au niveau national, et c'est déjà pas facile. Là où je dis qu'ils sont vraiment balèzes, c'est qu'ils arrivent à faire pareil, mais d'une commune à l'autre! Vous compatissez, au moins, avec la ténacité des faiseurs d'horaires, j'espère. Pour vous donner un exemple, simple: l'année dernière, mes filles ont commencé leur première enfantine en allant à l'école tous les matins, sauf le mercredi, de 9h à 11h35, et une après-midi par semaine, de 13h30 à 15h10. Ensuite, au cours de l'année, une deuxième après-midi a été introduite, puis la troisième et la quatrième.

Cette année, en 2ème enfantine, elles ont l'école tous les matins de 9h à 11h35, sauf le mercredi où elles commencent à 8h10... Et elles redémarrent avec 3 après-midi par semaine (y en a une qui a disparu, vous avez remarqué?). Ca, c'est dans mon bled. Pas loin de chez moi, il y a un autre village. Là, les enfants commencent à 8h30 tous les matins. Et dans d'autres villages encore, cela varie entre 8h15 et 8h45. Et je ne parle pas des problèmes de transports, notamment des bus.

Résultat, si vous avez un enfant en 1ère enfantine et l'autre en 2ème enfantine, ou en 1ère primaire d'ailleurs, impossible de s'organiser. Et même si vous avez la chance de trouver une maman de jour, pas le droit de laisser vos enfants prendre le bus pour aller ailleurs qu'au domicile parental, génial, non?

Alors moi je dis que dans un pays où l'on se donne autant de mal pour pourrir la vie des femmes actives ou en tous les cas, la compliquer, il faut vraiment être débrouille. Parce qu'en plus, on ne peut pas dire que les structures d'accueil soient adaptées au style de vie des parents d'aujourd'hui... J'en déduis une chose, on nous préfèrerait à la maison et c'est une façon bien détournée de nous le faire comprendre. Mais je rassure tous ceux qui s'évertuent à perpétuer cette belle harmonie entre vie active et vie privée: LÀ C'EST BON, ON A COMPRIS!

jeudi 11 août 2011

Alerte à Malibu?

Etrange chose que de constater - à force de fréquenter les piscines - à quel point les petites filles d'aujourd'hui finissent par ressembler à leur mère. A moins que ce ne soit le contraire.

A mon époque (je savais que ça m'arriverait un jour de dire ça!), jusqu'à ce que la puberté marque son territoire en nous affublant des deux protubérances qui allaient par la suite faire partie de notre arsenal de séduction, les petites filles portaient des maillots de bain une pièce. Et je ne parle pas des maillots de nageuses de compétition, mais de petits slips de bain tout simples. 

Du coup, on se promenait le torse à l'air, exactement comme les garçons et c'était la couleur du slip ou ses ornements qui nous démarquaient les uns des autres. Or, désormais, plus de slip de bain pour les petites filles, et déjà à peine pour les bébés. En effet, on passe du pampers spécial insubmersible à l'effigie de Nemo (je parle du poisson), au maillot deux-pièces avec soutien-gorge triangle. Je vous jure que je n'ai vu aucune fillette âgée de plus de 4 ans avec juste un slip de bain en train de patauger dans l'eau. Pas une. Les miennes portent un une pièce parce que je trouve cela étrange de mettre un soutien-gorge à des enfants qui n'ont finalement pas exactement besoin de soutien à cet endroit-là (il fait plutôt souvent défaut ailleurs!), mais pourquoi un une pièce, finalement?

Je leur ai demandé si cela les dérangerait de se promener en culotte à la piscine et elles m'ont répondu que non, pas du tout. Puis, j'ai demandé à moi-même ce qui avait pu changer pour que les fillettes d'aujourd'hui soient vêtues comme des grandes?

Il y a sûrement le fait que nous vivons dans une société de plus en plus axée sur ses enfants parce que constituée d'individus de moins en moins capables de trouver un sens à leur vie tout seuls; il y a aussi le fait que la surmédiatisation de cas de pédophilie nous font craindre le moindre signal sexuel qui pourrait être envoyé à l'extérieur par nos enfants (bien que dès la puberté, les adolescentes se promènent dans des tenues largement sexuées...); il y a ensuite le fait que si les mamans d'aujourd'hui portent des t-shirts à paillettes et ont droit à leur ligne de lunettes solaires Hello Kitty, il paraît normal que les filles portent des maillots de bimbos et du vernis à ongles; il y a finalement le fait, et c'est vrai, qu'on ne trouve plus de slips de bain dans les magasins, peut-être parce qu'un bikini se vend plus cher qu'un monokini.

Mais entre les mini-Miss, les Graines de chanteur ou autres, les enfants de stars fashion qui inspirent les lectrices des magazines, c'est peut-être bien un peu de l'enfance de nos enfants qu'on est en train de voler. Pour nous offrir une sorte de deuxième jeunesse à travers eux? C'est bien possible et c'est même probablement un écueil inévitable... Pourtant, en métamorphosant les petites filles en petites adultes à coups d'artifices d'adulte, là seule chose qu'on parvient à faire, c'est à les transformer en nous, et non le contraire...

mercredi 10 août 2011

L'époque bénie de l'enfance

Autant je ne peux pas dire que je regrette ni mon adolescence, ni le début de l'âge adulte (on se pose trop de questions dont les réponses ne viendront que bien plus tard), autant je dois dire que quand j'observe mes enfants, je me rends compte qu'il s'agit bien là d'une période bénie et unique en terme de libertés dans une vie.

Un enfant, ça s'émerveille devant tout, ça ignore une bonne partie des conventions et ça se fraie un chemin dans l'avenir sans le poids du passé. Un enfant, ça s'extasie devant un arc-en-ciel après l'averse, ça tutoie une vieille d'âme qui le tutoie, ça fait ses expériences même s'il sait qu'il peut tomber.

J'observe mes filles, qui apprennent des chansons par coeur dont elles ne comprennent pas la portée des paroles en prenant des airs théâtraux, qui rient à gorge déployée dans la rue, suscitant la sympathie des passants, qui n'attendent que de pouvoir enlever leurs chaussures pour fouler n'importe quel sol pieds nus, et je me surprends à chanter à tue-tête avec elles et à me promener de plus en plus souvent sans mes chaussures.

J'observe mes filles qui s'inventent des scénarii fantastiques dans le premier endroit où elles s'installent, entraînant avec elles garçons et filles aux alentours, exprimant leur créativité en décidant de ne pas reproduire les modèles qu'on leur propose dans les cahiers de coloriage et décidant finalement qu'un t-shirt orange se marie fort bien avec un short violet, et je me surprends à écrire en suivant mon imagination, à faire des projets dans lesquels j'entraîne mes proches de tous les sexes et à me rendre compte que mon débardeur violet se marie fort bien avec mon slim bleu électrique et mes talons oranges.

J'observe mes filles profiter d'une magnifique journée à la campagne dans une maison prêtée - disposant d'un jacuzzi - en se baignant nues jusqu'à la tombée de la nuit parce qu'elles veulent observer les étoiles et je me surprends à les rejoindre sans complexe et à regarder les étoiles plus souvent qu'à mon habitude.

L'autre jour, un ami m'a dit que l'amour était le moteur de la vie. Je ne sais pas si c'est vrai, mais ce qui est sûr, c'est que les enfants vous offrent une réelle deuxième chance de voir la vie autrement et d'oser.

Tout simplement parce qu'à travers leurs yeux vous réalisez que la seule façon d'avancer, c'est de prendre le risque de tomber, et que la seule façon de se sentir vivant, c'est de vivre chaque moment pour ce qu'il a d'unique. Et vous savez ce qu'il y a de plus fou? C'est que cette énergie se répand sur tous et pousse les gens à faire ce qu'ils ne se pensaient plus capables d'accomplir: s'accepter tels qu'ils sont.