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Aline Isoz officie en tant qu’experte en transformation numérique auprès des entreprises et institutions romandes. Titulaire d’un Bachelor en Communication, Marketing et Relations publiques, elle a commencé sa carrière dans le monde des agences publicitaires comme indépendante, puis a successivement occupé les postes de Directrice de création et de Directrice des stratégies digitales en Suisse romande, avant d’ouvrir sa propre agence en gestion de marques et branding, Blackswan et alineisoz.ch, un service d'accompagnement à la transformation digitale des RH, notamment. 

Nominée en 2015 pour le prix de la « Femme digitale de l’année » au Meilleur du Web, Aline Isoz a mis sur pied une délégation suisse de femmes actives dans le numérique invitée à la Journée de la femme digitale à Paris en mars 2016 ; elle consacre depuis une série de portraits aux femmes suisses du numérique dans Le Temps, après avoir tenu pendant 5 ans une chronique dans le magazine Bilan.

Membre de l’ACAD, elle intervient régulièrement dans le cadre de conférences ou d’ateliers thématiques auprès de décideurs, d’administrateurs de société et commente également les enjeux liés au numérique dans les médias en tant qu’experte. 

En 2016, elle est devenue membre du comité du Cercle suisse des administratrices, membre d’une commission pour Vigiswiss et a rejoint le conseil consultatif de la société aequivalent, de même que le conseil d’administration de la société Globaz SA.

De nationalité suisse, Aline Isoz parle français, allemand et anglais et elle a suivi des formations sur le Business Model Canvas Generation, sur l’intelligence économique et la veille stratégique, ainsi que sur les ressources humaines. 

jeudi 13 octobre 2011

Passe-moi les jumelles (la suite)

Je vous l'avais promis, ça a pris du temps, mais on y est. La suite des aventures gémellaires d'une mère débordée (la preuve...) et un peu maniaque aussi, ce qui n'est pas compatible. D'ailleurs, les enfants devraient venir au monde avec une mention, comme pour les paquets de cigarettes, un sticker, une étiquette, j'en sais rien (c'est pas à nous de faire le boulot non plus), spécifiant qu'ils peuvent mettre notre santé en danger si on en fait trop. De la prévention parentale pour jeunes parents perfectionnistes, quoi...

J'en étais donc à la sortie de la maternité: je passe rapidement sur le fait qu'au moment de quitter les lieux, y a quand même une petite voix au fond de moi qui avait envie de crier à l'infirmière "vous n'allez pas me laisser partir avec eux??!! Comment je vais faire??!! J'ai pas le mode d'emploi!!!" (oui, après 10 jours encadrée par du personnel hospitalier, difficile de couper le cordon... pour moi!), alors même que je faisais un grand sourire stressé (le sourire de la maman contente de rentrer chez elle, vous leurrez pas, y a aucune autre réaction admissible dans ces cas-là) en quittant le port rassurant de ma chambre pour une aventure dans laquelle il n'y aurait plus de professionnels pour m'accompagner (là, franchement, une seule envie: crier AU SECOURS! Les femmes d'abord et les enfants... on sait pas trop, justement).

Me voici donc avec deux petits bébés harnachés dans leur poussette interminable, avec la prise de conscience que là, j'en avais bien la responsabilité jusqu'à la fin de mes jours (si, si) et que les ascenseurs de l'hôpital étaient probablement les seuls dans tout l'univers adaptés à ma machine de guerre... Décidément, ça commençait mal: à la réception, on m'a prise pour une jeune fille au pair (et ça a continué après aussi, comme si une bonne femme d'un mètre à peine 59 n'avait pas pu mettre au monde deux bébés) et malgré l'entraînement préaccouchement, le déplacement des coques pour bébés de la poussette à la voiture, au mois de novembre, par un froid de canard, s'est révélée bien plus ardue que prévue. Là, y a quand même un moment où on réalise qu'on est arrivés à 2 et qu'on repart à 4 (avec un gros ventre dans les deux cas - pas dégonflé en 10 jours, vous pensez bien) et personnellement, j'ai ressenti deux trucs: la toute-puissance et la trouille absolue.

Le plus sympa, avec deux bébés d'un coup, c'est quand même les nuits. Heureusement, mes filles faisaient les leurs à 2 mois et demi (pour les profanes, c'est quand les enfants dorment plus de 7 heures sans se réveiller et que nous, parents, on se réveille le premier matin en se demandant ce qui a bien pu se passer pour qu'on dorme aussi longtemps). Mais pendant tout ce temps, ça implique quand même 4-6 réveils entre les deux enfants. On a beau se partager les levers, faut bien avouer qu'à deux heures du matin, difficile d'avoir les idées claires sur ce qu'on fait, donc nous, on avait mis un système HYPER sophistiqué au point: un tableau Excel.

Dans cet outil de gestion fantastique, on notait: le prénom de l'enfant qu'on avait nourri, si c'était au sein ou au biberon - au sein, que pour moi, évidemment- parce qu'il fallait alterner le mode alimentaire, et si on avait changé son pampers... Ben oui, des fois qu'à force de manquer d'heures de sommeil, on donnerait deux fois à manger à la même, qu'on ne les changerait plus du tout en pensant que l'autre l'avait fait, vous imaginez le tableau! Par contre, y a quand même eu un truc génial: j'ai pu revoir tous les épisodes d'"Alerte à Malibu" en rediffusion nocturne!!! Comme quoi, y a plein d'avantages à devoir se lever la nuit quand on a des bébés...

mercredi 28 septembre 2011

Passe-moi les jumelles!

On n'imagine pas à quel point ça peut être complexe d'élever des "jumelles" (j'ai mis des guillemets parce qu'en les voyant, ça reste peu évident)... Bien sûr, on a droit à tout un tas de super réflexions du type "au moins, c'est fait", "ah, c'est chouette les jumeaux, ça peut jouer ensemble", et j'en passe. Mais faut bien se dire que dès le début, on sent que ça va être délicat.

Non, je ne vais pas rentrer dans les détails de la conception, mais assez vite, les choses ont pris une drôle de tournure. Après avoir eu le résultat positif de mon test (on n'a pas encore inventé la double croix pour les grossesses gémellaires), mes hormones ont pris l'ascenseur, ce qui m'a valu une prise de sang et un verdict qui allait changer le cours de mon existence: ils sont deux! Je me suis empressée d'annoncer cela à tous mes proches qui ont réagi par des "deux! C'est génial" (vous pouvez rajouter à cette exclamation les exemples ci-dessous), bref (comme dirait Bref), j'étais l'Elue.

Là où j'ai commencé à émettre des doutes sur le crédit qu'on peut accorder à sa famille dans des moments pareils, c'est qu'après un deuxième examen, il semblait qu'un de mes deux futurs n'allait pas se développer et qu'il valait mieux ne compter que sur un au finish. Rebelote: annonce à la famille. Et là, je vous le donne en mille "c'est mieux comme ça", "deux, ça fait beaucoup", "on se disait que tu n'arriverais pas à gérer", etc. Hilarant, non? Un test que je recommande à toutes celles qui, en plus d'avoir les hormones en folie, n'ont pas perdu leur sens de l'humour. Disons que les 7 mois à venir (et les 25 ans qui suivraient) s'annonçaient comme tout sauf ennuyeux: le ton était donné!

Je passe sur tout ce qui précède l'accouchement et qui n'a rien de bien original, si ce n'est le volume indécent de mon ventre semblant tout droit sorti d'un film de science-fiction (et de furieuses envies de Kebabs, frites et autres mets diététiques). Déjà, l'accouchement, c'est spécial. On sait qu'il y a peu de chances d'arriver à 9 mois de couvade et en plus, il faut se préparer à se donner en spectacle devant un bataillon de blouses blanches et bleues, au cas où. Donc, je connaissais la date exacte de mon accouchement des mois avant le jour J, ce qui m'a convaincue de ne pas savoir si j'attendais un gars et une fille, deux gars ou deux filles (au moins qu'il reste un effet de surprise). Pléthore de prénoms dans les poches, je me suis donc rendue joviale à la maternité, plutôt ravie de me débarrasser enfin de mon appendice extra-terrestre (1m20 de tour de taille pour 1m59 de hauteur, on peut dire que ça roule, enfin non, mais oui...)! A l'arrivée, deux nanas de 2kg500 et 3kg200 (je précise parce que les gens ont toujours l'air curieux de connaître le poids d'un être qui vient d'arriver sur terre, étrange réflexe...) en pleine forme et pour moi, la découverte d'un monde insoupçonné: celui de la PME familiale.

Juste pour vous donner un avant-goût: j'ai débuté avec, dans mon cahier des charges, l'allaitement double. Non, je n'ai pas de photos, je n'aurais de toute façon pas le droit de les diffuser sur un média tous publics (ça pourrait dissuader certains de procréer), mais croyez-moi, ça vous éclaire sur l'appellation de "vache laitière". Au niveau du rythme, on n'est pas syndiquées, donc pour les horaires à la maternité, c'est: toutes les 2 heures en alternance avec retour à l'expéditeur de celle qui n'aurait pas pris assez de poids pendant l'opération (si, si, elles étaient pesées après chaque tétée, qu'on ne me parle pas de pression au travail après ça!). Impossible de demander le biberon (véritable moyen d'émancipation féminine et d'invitation au partage des tâches pour les papas désireux de s'impliquer), avec le retour d'un extrêmisme assez inquiétant et relayé par les médias, les maternités, les mères dévouées, incluant l'allaitement, le portage, les couches lavables, on passe très vite pour une mère indigne. Un mouvement notamment représenté par LLL, un lobby à mon sens ayatollesque à surveiller de très près.

Non, je ne suis pas excessive! Vous ne pouvez pas imaginer avant d'avoir entendu une sage-femme vous dire "non Madame, pas de biberon: votre lait est le meilleur "médicament" pour assurer la santé de vos enfants", "allons Madame, un peu de courage: vous n'êtes pas la première", voire "allez Madame, on fait un effort (tu parles, c'est pas elle qui se retrouvait avec deux bébés à moitié endormis sur le coup des 4 heures du matin)" à quel point vous êtes coincée (surtout qu'on s'évade rarement d'une maternité avec deux enfants sous le bras!)... Sans parler du fait que, comme mes enfants ne prenait pas assez de poids avec l'allaitement direct, j'ai dû passer à la trayeuse automatique: le tire-lait. Un recul de 50 ans pour l'image de la femme, celle-ci se retrouvant contrainte d'assister à l'aspiration du précieux liquide par le fait d'une machine électrique faisant le bruit d'une pompe sur ce qui appartenait encore peu de temps auparavant à ses atouts féminins...

Je sens que je vais en garder un peu pour la suite, puisque là, je n'en suis qu'à la maternité et que mes filles ont désormais 6 ans. Prochaine étape: les biberons, les poussettes, les courses, etc... Hasta la vista, bébés!

mercredi 31 août 2011

En avant la musique

Des mois, des années à essayer d'ouvrir les oreilles de mes filles à la musique. Débutant par Henri Dès, il a quand même fallu également écouter toutes les célèbres comptines pour enfants, de "Le pont d'Avignon" à "Au feu les pompiers", et AVEC les chorégraphies, s'il vous plaît! Ensuite, en douceur, on est passé à Queen, West Side Story, Grease, sans oublier les français, Polnareff, Gainsbourg, ni le classique (merci aqua concert!).

Elles aiment aussi des trucs plus récents: Christophe Maé, Ben l'Oncle Soul, Black Eyed Peas, après, évidemment, elles ont leurs affinités personnelles, ce qui est parfaitement normal. Mais là où j'ai vu le monde s'effondrer, c'est quand, aujourd'hui, j'écoutais la version de "Les Bêtises" par Julien Doré et que mes filles ont commencé à rire en me disant qu'il chantait horriblement mal et qu'elles m'ont demandé de mettre plutôt cette version-ci:



D'ici à ce qu'elles préfèrent la bouffe du MacDo à de la vraie nourriture, il n'y a désormais plus qu'un pas...

lundi 29 août 2011

A la maison!

Voilà à peu près comment on pourrait interpréter les énormes efforts consentis par notre système d'éducation pour convertir les femmes au rôle de femmes au foyer... Je n'ose même pas imaginer le temps que ça doit leur prendre pour concevoir des horaires, systèmes de notation et distinctions de niveaux aussi parfaitement incompatibles.

Les semaines de préparation, de discussions intercantonales, d'échanges de mail, d'adaptations, pour réussir à faire en sorte que les Suisses ne se déplacent pas trop avec leurs enfants à travers le pays. On ne se rend pas compte du côté fastidieux de ce genre de job, véritable supplice de Sisyphe... Au moins, c'est sûr, chez nous, les parents réfléchissent à deux fois avant de changer de canton, tellement ils ont peur de perturber la scolarité de leurs ouailles. Faut dire que d'un endroit à l'autre, les exigences changent, les matières enseignées aussi, sans parler des problèmes de langues, évidemment.

Ca, c'est au niveau national, et c'est déjà pas facile. Là où je dis qu'ils sont vraiment balèzes, c'est qu'ils arrivent à faire pareil, mais d'une commune à l'autre! Vous compatissez, au moins, avec la ténacité des faiseurs d'horaires, j'espère. Pour vous donner un exemple, simple: l'année dernière, mes filles ont commencé leur première enfantine en allant à l'école tous les matins, sauf le mercredi, de 9h à 11h35, et une après-midi par semaine, de 13h30 à 15h10. Ensuite, au cours de l'année, une deuxième après-midi a été introduite, puis la troisième et la quatrième.

Cette année, en 2ème enfantine, elles ont l'école tous les matins de 9h à 11h35, sauf le mercredi où elles commencent à 8h10... Et elles redémarrent avec 3 après-midi par semaine (y en a une qui a disparu, vous avez remarqué?). Ca, c'est dans mon bled. Pas loin de chez moi, il y a un autre village. Là, les enfants commencent à 8h30 tous les matins. Et dans d'autres villages encore, cela varie entre 8h15 et 8h45. Et je ne parle pas des problèmes de transports, notamment des bus.

Résultat, si vous avez un enfant en 1ère enfantine et l'autre en 2ème enfantine, ou en 1ère primaire d'ailleurs, impossible de s'organiser. Et même si vous avez la chance de trouver une maman de jour, pas le droit de laisser vos enfants prendre le bus pour aller ailleurs qu'au domicile parental, génial, non?

Alors moi je dis que dans un pays où l'on se donne autant de mal pour pourrir la vie des femmes actives ou en tous les cas, la compliquer, il faut vraiment être débrouille. Parce qu'en plus, on ne peut pas dire que les structures d'accueil soient adaptées au style de vie des parents d'aujourd'hui... J'en déduis une chose, on nous préfèrerait à la maison et c'est une façon bien détournée de nous le faire comprendre. Mais je rassure tous ceux qui s'évertuent à perpétuer cette belle harmonie entre vie active et vie privée: LÀ C'EST BON, ON A COMPRIS!

jeudi 11 août 2011

Alerte à Malibu?

Etrange chose que de constater - à force de fréquenter les piscines - à quel point les petites filles d'aujourd'hui finissent par ressembler à leur mère. A moins que ce ne soit le contraire.

A mon époque (je savais que ça m'arriverait un jour de dire ça!), jusqu'à ce que la puberté marque son territoire en nous affublant des deux protubérances qui allaient par la suite faire partie de notre arsenal de séduction, les petites filles portaient des maillots de bain une pièce. Et je ne parle pas des maillots de nageuses de compétition, mais de petits slips de bain tout simples. 

Du coup, on se promenait le torse à l'air, exactement comme les garçons et c'était la couleur du slip ou ses ornements qui nous démarquaient les uns des autres. Or, désormais, plus de slip de bain pour les petites filles, et déjà à peine pour les bébés. En effet, on passe du pampers spécial insubmersible à l'effigie de Nemo (je parle du poisson), au maillot deux-pièces avec soutien-gorge triangle. Je vous jure que je n'ai vu aucune fillette âgée de plus de 4 ans avec juste un slip de bain en train de patauger dans l'eau. Pas une. Les miennes portent un une pièce parce que je trouve cela étrange de mettre un soutien-gorge à des enfants qui n'ont finalement pas exactement besoin de soutien à cet endroit-là (il fait plutôt souvent défaut ailleurs!), mais pourquoi un une pièce, finalement?

Je leur ai demandé si cela les dérangerait de se promener en culotte à la piscine et elles m'ont répondu que non, pas du tout. Puis, j'ai demandé à moi-même ce qui avait pu changer pour que les fillettes d'aujourd'hui soient vêtues comme des grandes?

Il y a sûrement le fait que nous vivons dans une société de plus en plus axée sur ses enfants parce que constituée d'individus de moins en moins capables de trouver un sens à leur vie tout seuls; il y a aussi le fait que la surmédiatisation de cas de pédophilie nous font craindre le moindre signal sexuel qui pourrait être envoyé à l'extérieur par nos enfants (bien que dès la puberté, les adolescentes se promènent dans des tenues largement sexuées...); il y a ensuite le fait que si les mamans d'aujourd'hui portent des t-shirts à paillettes et ont droit à leur ligne de lunettes solaires Hello Kitty, il paraît normal que les filles portent des maillots de bimbos et du vernis à ongles; il y a finalement le fait, et c'est vrai, qu'on ne trouve plus de slips de bain dans les magasins, peut-être parce qu'un bikini se vend plus cher qu'un monokini.

Mais entre les mini-Miss, les Graines de chanteur ou autres, les enfants de stars fashion qui inspirent les lectrices des magazines, c'est peut-être bien un peu de l'enfance de nos enfants qu'on est en train de voler. Pour nous offrir une sorte de deuxième jeunesse à travers eux? C'est bien possible et c'est même probablement un écueil inévitable... Pourtant, en métamorphosant les petites filles en petites adultes à coups d'artifices d'adulte, là seule chose qu'on parvient à faire, c'est à les transformer en nous, et non le contraire...

mercredi 10 août 2011

L'époque bénie de l'enfance

Autant je ne peux pas dire que je regrette ni mon adolescence, ni le début de l'âge adulte (on se pose trop de questions dont les réponses ne viendront que bien plus tard), autant je dois dire que quand j'observe mes enfants, je me rends compte qu'il s'agit bien là d'une période bénie et unique en terme de libertés dans une vie.

Un enfant, ça s'émerveille devant tout, ça ignore une bonne partie des conventions et ça se fraie un chemin dans l'avenir sans le poids du passé. Un enfant, ça s'extasie devant un arc-en-ciel après l'averse, ça tutoie une vieille d'âme qui le tutoie, ça fait ses expériences même s'il sait qu'il peut tomber.

J'observe mes filles, qui apprennent des chansons par coeur dont elles ne comprennent pas la portée des paroles en prenant des airs théâtraux, qui rient à gorge déployée dans la rue, suscitant la sympathie des passants, qui n'attendent que de pouvoir enlever leurs chaussures pour fouler n'importe quel sol pieds nus, et je me surprends à chanter à tue-tête avec elles et à me promener de plus en plus souvent sans mes chaussures.

J'observe mes filles qui s'inventent des scénarii fantastiques dans le premier endroit où elles s'installent, entraînant avec elles garçons et filles aux alentours, exprimant leur créativité en décidant de ne pas reproduire les modèles qu'on leur propose dans les cahiers de coloriage et décidant finalement qu'un t-shirt orange se marie fort bien avec un short violet, et je me surprends à écrire en suivant mon imagination, à faire des projets dans lesquels j'entraîne mes proches de tous les sexes et à me rendre compte que mon débardeur violet se marie fort bien avec mon slim bleu électrique et mes talons oranges.

J'observe mes filles profiter d'une magnifique journée à la campagne dans une maison prêtée - disposant d'un jacuzzi - en se baignant nues jusqu'à la tombée de la nuit parce qu'elles veulent observer les étoiles et je me surprends à les rejoindre sans complexe et à regarder les étoiles plus souvent qu'à mon habitude.

L'autre jour, un ami m'a dit que l'amour était le moteur de la vie. Je ne sais pas si c'est vrai, mais ce qui est sûr, c'est que les enfants vous offrent une réelle deuxième chance de voir la vie autrement et d'oser.

Tout simplement parce qu'à travers leurs yeux vous réalisez que la seule façon d'avancer, c'est de prendre le risque de tomber, et que la seule façon de se sentir vivant, c'est de vivre chaque moment pour ce qu'il a d'unique. Et vous savez ce qu'il y a de plus fou? C'est que cette énergie se répand sur tous et pousse les gens à faire ce qu'ils ne se pensaient plus capables d'accomplir: s'accepter tels qu'ils sont.


jeudi 28 juillet 2011

La vraie vie

Ok, je l'admets. Je suis la première à passer du temps (beaucoup!) sur les réseaux sociaux. Je deviens "amie" avec des gens que je n'ai jamais vus et avec lesquels je ne serais sans doute jamais entrée en contact dans la vie réelle. Des gens que j'admire, ceux qui m'intriguent, ceux qui comptent, ceux qui m'inspirent, etc. Tellement facile d'envoyer une invitation virtuelle pour inciter des gens à rejoindre son réseau virtuel...

Pourtant, ce soir, j'ai réalisé à quel point il était facile de faire pareil au quotidien. Je suis sortie souper avec mon meilleur ami et j'ai rencontré une serveuse très sympathique avec laquelle j'ai eu l'occasion de discuter un peu. Plutôt que d'en rester là, en partant, je lui ai laissé ma carte en lui disant qu'elle pouvait m'appeler, ou pas, si l'envie lui en prenait un jour. Pas plus compliqué que ça, d'entrer en contact avec des personnes que l'on ne connaît pas mais qui nous donnent envie d'aller plus loin. Quand on pense que l'on compose avec tant de gens par obligation...



On ne vit qu'une fois, et on fréquente tous les jours des dizaines de personnes que l'on salue brièvement ou avec lesquelles on échange un peu plus. Puis, chacun repart de son côté et se connecte avec son cercle virtuel. Pourquoi? Parce qu'il suffit de se "poker" de temps en temps et de souhaiter un bon anniversaire à ceux que la plate-forme nous remémore? Observez bien à quel point c'est à la portée de chacun, oui, de chacun, d'aller vers les autres, d'entrer en contact avec eux, d'établir une relation, éphémère ou de longue durée.



Alors c'est décidé: même si leurs statut et date de naissance ne s'affichent pas sur leur profil (le vrai!), je vais m'évertuer à considérer les personnes se trouvant autour de moi, celles que je croise tous les jours, ou fortuitement.

Parce qu'un réseau social, ça ne se tisse pas sur la toile. Ca commence sur son propre palier. 

samedi 23 juillet 2011

Je m'étais pourtant promis...

oui, je m'étais pourtant promis de ne pas le faire ce soir. Extinction des feux de mon domicile à 21h30 et petite soirée dehors histoire de faire une pause dans le quotidien. Une soirée exemplaire, à tous points de vue: des échanges, de la musique, de la danse, des rires, la belle vie, quoi!

Et pourtant, une fois rentrée, ça a été plus fort que moi, il a quand même fallu que je m'y mette... j'ai hésité, me demandant si c'était raisonnable à mon âge, si cela allait vraiment m'apporter ce que j'en attendais: du plaisir, une montée d'adrénaline unique, le sentiment de connexion avec moi-même et le reste du monde.

Puis, j'ai tourné autour, regardé cet obscur objet de mon désir, méfiante et désireuse à la fois. Car oui, le mot n'est pas trop fort: je la considérais avec envie. Comme si le manque avait été trop fort au cours de la journée, me renvoyant à ma faiblesse, mon incapacité à m'opposer à ce besoin plus fort que ma propre volonté.

Je me suis demandé comment j'en étais arrivée là, à ne plus pouvoir la contrôler. Avant, je n'avais pas ça en moi. J'étais libre de cette dépendance, mes journées s'écoulaient comme celles de la plupart des gens. Avant. Avant, mes yeux ne me trahissaient pas, mes mains ne tremblaient pas. Mais ça, c'était avant. Avant qu'à cause de ça, mes nuits prennent un autre visage. Que je ne dorme quasiment plus, parce qu'elle me tient éveillée. Ne mangeant que quand mon estomac me le reclame, parce qu'elle me nourrit déjà.

Mes proches me recommandent de faire du sport pour me sentir bien. Du sport? Avec elle, c'est impossible, elle me prend toute mon énergie.

Du coup, j'en ai assez. Ok, j'admets qu'elle contrôle ma vie. Elle.

L'Ecriture (je serais très déçue que vous ayez pensé à autre chose...).

Y en a qui se cament au travail (je n'ai jamais vraiment été fan), au sport (la transpiration, c'est pas mon truc), à l'alcool (ça rend con), au sexe (c'est très surfait), aux substances chimiques (c'est comme l'alcool), moi, c'est l'écriture. C'est mon appendice, un truc avec lequel je vis, respire, aime. C'est vrai qu'elle est exigeante, elle ne sait pas lire l'heure et se fiche pas mal des repas. Elle n'a faim que d'une chose: d'inspiration.

Oui, en rentrant ce soir, j'ai allumé mon ordinateur, ouvert mon navigateur, et j'ai commencé à écrire. Pour faire mon coming-out devant ceux qui me liront. J'écris. Pas parce que je le veux, mais parce que je le dois. Une dette que j'ai envers moi-même. Une façon de rembourser le cadeau qui m'a été fait. Celui d'aimer les mots, leur structure, leur sonorité, leur sens. Quelque chose que je dois à une personne disparue aujourd'hui.

Une personne qui n'avait sûrement pas conscience du fait qu'elle avait définitivement marqué mon existence du sceau de sa passion pour la littérature. Bien sûr, il y en a eu d'autres depuis, qui m'ont permis de continuer à aimer l'écriture, qui m'ont aidé à en faire mon outil de travail. Mais l'amour que je lui porte aujourd'hui, l'hommage que je lui rends, il est venu d'une prise de conscience personnelle. La conscience du fait que ce respect, il me fallait le traduire concrètement.

Non pas en en faisant mon métier, mais en en faisant ma compagne. 

vendredi 22 juillet 2011

Je voudrais pas crever...


Je voudrais pas crever
Avant d'avoir connu
Les chiens noirs du Mexique
Qui dorment sans rêver
Les singes à cul nu
Dévoreurs de tropiques
Les araignées d'argent
Au nid truffé de bulles
Je voudrais pas crever
Sans savoir si la lune
Sous son faux air de thune
A un coté pointu
Si le soleil est froid
Si les quatre saisons
Ne sont vraiment que quatre
Sans avoir essayé
De porter une robe
Sur les grands boulevards
Sans avoir regardé
Dans un regard d'égout
Sans avoir mis mon zobe
Dans des coinstots bizarres
Je voudrais pas finir
Sans connaître la lèpre
Ou les sept maladies
Qu'on attrape là-bas
Le bon ni le mauvais
Ne me feraient de peine
Si si si je savais
Que j'en aurai l'étrenne
Et il y a z aussi
Tout ce que je connais
Tout ce que j'apprécie
Que je sais qui me plaît
Le fond vert de la mer
Où valsent les brins d'algues
Sur le sable ondulé
L'herbe grillée de juin
La terre qui craquelle
L'odeur des conifères
Et les baisers de celle
Que ceci que cela
La belle que voilà
Mon Ourson, l'Ursula
Je voudrais pas crever
Avant d'avoir usé
Sa bouche avec ma bouche
Son corps avec mes mains
Le reste avec mes yeux
J'en dis pas plus faut bien
Rester révérencieux
Je voudrais pas mourir
Sans qu'on ait inventé
Les roses éternelles
La journée de deux heures
La mer à la montagne
La montagne à la mer
La fin de la douleur
Les journaux en couleur
Tous les enfants contents
Et tant de trucs encore
Qui dorment dans les crânes
Des géniaux ingénieurs
Des jardiniers joviaux
Des soucieux socialistes
Des urbains urbanistes
Et des pensifs penseurs
Tant de choses à voir
A voir et à z-entendre
Tant de temps à attendre
A chercher dans le noir
Et moi je vois la fin
Qui grouille et qui s'amène
Avec sa gueule moche
Et qui m'ouvre ses bras
De grenouille bancroche
Je voudrais pas crever
Non monsieur non madame
Avant d'avoir tâté
Le goût qui me tourmente
Le goût qu'est le plus fort
Je voudrais pas crever
Avant d'avoir goûté
La saveur de la mort...

Boris Vian

mardi 19 juillet 2011

L'événement le plus improbable du monde!

Y a des choses comme ça, dans la vie, des moments sortis de nulle part, des choses imprévisibles, en finance, on appelle cela des "Black Swan Events". Ce sont des raretés. Comme les cygnes noirs. Mais ils existent et vous font prendre conscience de la chance que vous avez d'être au bon endroit, au bon moment.

Je suis devenue "amie" avec une personne sur Facebook, qui a communiqué l'autre jour sur son profil la venue d'un groupe mythique de soul-funk de la fin des années 60 à Fully, petite bourgade valaisanne, Suisse. Impulsivement, j'ai décidé de prendre deux billets (pourquoi deux? Vieux réflexe!) presque pour voir si c'était vrai de vrai.

Le concert avait lieu hier soir. A Fully, Valais, Suisse. Alors c'est vrai qu'après une journée de diverses problématiques à résoudre, j'avais pas tellement envie de faire une heure de route toute seule pour aller voir un groupe dont je ne connais même pas les chansons par coeur (non, ce n'est pas une question d'âge de faire la midinette, c'est une question de temps disponible pour apprendre les paroles de ses idoles). Et puis j'ai fini par me dire que la route, c'était un peu mon territoire, l'endroit que je préfère. On finit par ne plus trop savoir d'où l'on vient et l'on ne voit pas encore où l'on va arriver. Ce sont les Limbes du quotidien.

J'arrive dans un joli petit bled, en plein milieu d'une vallée (on dirait le décor des Trois Cloches, non?), je parque ma voiture et déjà là, je rêve: il y a de la place (loin des parkings de festivals ou de concerts surbondés)! Je range ma Polo Young&Fresh - moi qui ne suis plus vraiment ni l'un, nil l'autre - et je traverse un petit pont au milieu de la végétation et au bout d'un sentier, je découvre une vieille usine désaffectée: le lieu du concert.



Hormis le fait, que la population locale était très... locale, j'avais plutôt l'impression d'être à la buvette d'un spectacle de fin d'année scolaire: bon enfant. Et puis, entrée dans la salle. Sur scène, une dizaine de pieds de micro et une bâche avec une grande photo dessus, un décor de petit théâtre. Je finis par me demander si ça va vraiment être LE groupe qui va venir, ou une troupe de sosies. Plus la soirée avance, plus cela me paraît irréel. 



20h35, le groupe débarque: les vrais Tower of Power, d'Oakland, Californie, USA. Plusieurs membres font partie du groupe d'origine et joue depuis 43 ans, comme on entre en religion. Et croyez-moi, on a prié, ce soir-là. 10 musiciens de légende sur scène, donnant leur âme, leur voix, leur talent pendant 2 heures de folie. J'ai même dû m'arrêter un moment pour réaliser que ce que je vivais était bien réel. Tout ça parce qu'une bande de potes a eu le rêve fou de faire venir Tower of Power à Fully, un jour. Ils en ont rêvé et j'étais là pour assister à la réalisation de leur rêve. Vous allez avoir droit à un extrait (le jour où Apple aura décidé de mettre un bon capteur son sur ses iPhone, je serai vraiment heureuse) parce qu'un cygne noir, ça ne se rencontre pas tous les jours. Amen.


samedi 9 juillet 2011

Vous connaissez la chanson?

Une petite découverte que j'avais envie de vous faire partager, parce qu'il y a des petites choses qui embellissent la vie et que, quand c'est le cas, on a envie de les transmettre...

Je ne sais pas d'où vous me lisez (évitez le "depuis chez moi" humoristique, je le faisais quand vous portiez encore des couches-culottes...), mais ici, en Suisse, on a une entité radio-télévision qui diffuse d'excellents programmes (globalement). Pour ma part, j'écoute - et c'est d'une banalité affligeante - la radio dans ma voiture en allant au travail. Oui, j'ai un travail, étonnant, non? Toujours est-il que je zappe régulièrement entre les diverses chaînes proposées afin de trouver quelque chose capable de retenir mon attention et, si possible, sans spots publicitaires ou animateur neurasthénique, ou pire encore, choix musicaux d'outre-tombe.

Or, voici deux fois qu'à des heures qui ne sont pas mes moments habituels, je tombe sur une émission résolument inspirante et passionnante: "On connaît la chanson". Le principe est simple, parler de cinéma à travers les musiques de film qui ont marqué les esprits... et le 7ème art. Je vous le dis tout de suite: je ne suis pas payée par la chaîne en question, mais pour une fois, je vais faire un coup de pub. Vous savez pourquoi? Parce qu'après avoir écouté l'émission d'aujourd'hui, j'ai dévalisé un site de vente (dont le nom commence par A et finit par mazon) de dvd et autres babioles, bien connu du grand public. Et figurez-vous que ça m'a rappelé l'époque où je filais m'acheter un cd après avoir regardé le Top 50 (c'est vieux, hein?).

Alors merci à Messieurs Philippe Congiusti et Mathias Bronnimann de m'avoir donné envie de voir ou revoir certains chefs-d'oeuvre grâce à leur talent. Messieurs, mes respects... et mes remerciements.

dimanche 3 juillet 2011

Voleurs d'heures!

Je réalise depuis quelques temps que mes journées sont trop courtes. J'ai 3'000 idées par 24 heures, ma boîte à faire tourner, une vie sociale démente et deux filles dynamiques (une semaine sur deux). Et je n'ai pas le temps de faire tout ce que j'aimerais. Il y a des projets qui dorment dans mes tiroirs, je dévore deux livres par semaine et ça ne suffira jamais!

Il y a des bibliothèques entières qui me tendent les bras, des concerts que j'aimerais donner (eh oui, en plus, je chante), des danses que j'ai envie d'apprendre, des pays par dizaine à visiter, du bénévolat à faire, des gens à rencontrer, des événements auxquels aller, des amis à voir, des films à visionner... Et du côté de mes filles, le monde à leur faire explorer, des émotions à leur faire connaître, bref, c'est pas une vie qu'il me faudrait, c'est une dizaine!

Et pendant ce temps-là, il y a des gens qui s'ennuient, qui ont l'impression de vivre des journées sans fin, qui ne savent pas quoi faire de leurs journées, de leurs enfants, d'eux-mêmes. Des gens que la liberté effraie.

Vous savez ce qui serait génial? Pouvoir acquérir les heures des gens qui ne savent pas les utiliser, les louer, les acheter ou les échanger. Arriver vers quelqu'un qui attend que le temps passe et lui proposer de lui prendre ce temps si précieux pour nous. Vous trouvez ça extrême? Moi pas. Ok, ça raccourcirait la vie de certains, mais en même temps, ils ont l'air de la trouver trop longue. Ce serait du win-win, non? Mes heures, j'ai bien le sentiment qu'on me les vole pour des absurdités: contraintes administratives et sociales, obligations de se montrer là où n'aimerait pas être, personnes que l'on rencontre avec lesquelles on ne partage rien, et j'en passe...

Bon, Albert, t'es sûr que le temps est relatif? Parce que moi j'ai plutôt l'impression que c'est la relativité du temps qui est relative. Filez-moi vos heures ou je dis à tout le monde que vous n'avez rien d'autre à faire de votre temps que de lire mon blog!

vendredi 1 juillet 2011

Comme le nain d'Amélie Poulain!

Au Festival de la Cité avec mon associé...
A Athletissima avec mon papa...

V.I.B

Le temps est venu de passer à la vitesse supérieure, chers lecteurs! Cela fait des mois que je vous balance ma vie sous à peu près toutes ses coutures (je vous épargne quand même les facettes vraiment glauques) et que, grâce à vous, je me rends compte que ce que je raconte vous intéresse, voire vous interpelle.

Maintenant, je ne suis pas fan du monologue, et ce(s) blog(s), je les ai pensés comme des espaces de partage, de discussion, d'engueulades si ça vous chante... Hier, j'ai eu le privilège d'assister à une manifestation depuis les loges VIP et je me suis rendue compte que, à ma façon et dans mon petit univers, mes lecteurs ont fait de moi une I.B (Important Bloggeuse), voire une VIB.

Il est temps, mes amis, de prendre votre courage et votre temps à deux mains et de montrer que vous êtes une communauté active, que vous aussi, vous affabulez parfois ou que vous n'êtes pas d'accord avec mes affabulations, que je vous énerve, que je vous inquiète, bref que vous m'aimez ou que vous me détestez. Vous et moi, nous n'allons quand même pas finir comme ces vieux couples ou l'un des deux parle et l'autre écoute, sans oser partager son opinion ou ses remarques?

Hein, dites, vous allez pas me faire le coup du "oui, ma chérie, je t'écoute, bien sûr"? Je suis une femme, moi, j'ai envie de répondant, d'assiettes qui volent et de belles déclarations! On a beau être une VIB, on reste un être socialement évolué...


mercredi 29 juin 2011

Drague Queen (merci Céline)

Les people!!! On en voit partout, on les observe, on les analyse, on les critique, on les adule, et désormais, grâce à facebook, on peut même devenir leur ami!

"Ami" tout relatif, évidemment, puisqu'on ne sait de leur vie que ce qu'ils veulent bien en dire et ceci avec autant d'intimité que si on recevait les confidences d'un candidat de Secret Story, mais quand même. Alors ça, c'est le premier pas: devenir ami de la star. J'ai testé pour vous, parce qu'il faut bien que quelqu'un s'y colle et soyons clairs, je ne me suis pas attaquée non plus à George Clooney, Ashton Kutsher ou une quelconque star trop éloignée de ma zone géographique. 

J'ai donc testé en devenant amie sur facebook avec une de nos stars nationale, voire internationale: Frédéric Recrosio, le sourire et le verbe dévastateurs dans un costume de velours (pas cotelé, je vous rassure, sinon c'est élimination directe). Le résultat est assez vexant puisque les 86 commentaires qui suivent chaque publication de l'humoriste rivalisent d'humour (plus ou moins pertinent), de private jokes et j'en passe.

On met la deuxième pour engager le chat direct... Déception. Le personnage affable se révèle plutôt laconique en conversation directe et le sens de l'humour est - comment dire - moins présent. Du coup, un peu refroidie, j'ai laissé tomber. Jusqu'à ce soir. 

Remarquez le regard de la star
sur votre bloggeuse préférée...
Ah, le destin, cette chose fabuleuse qui créé des opportunités bien plus trépidantes que les réseaux sociaux, mais ça, honnêtement, j'en étais déjà convaincue avant. Bref, après une fondue rassasiante au Festival de la Cité, soudain, une apparition: HIM, ZE humoriste en chair et en os, devant moi. Autant vous dire que je n'allais pas laisser passer cette occasion-là! J'ai donc abordé l'artiste grâce au blog que vous êtes en train de lire et avec toute l'honnêteté possible: je voulais une photo pour rédiger un article sur le thème de "comment draguer une célébrité". Et ça a marché, comme vous pouvez le constater (pièces à conviction 1 et 2). Finalement, les réseaux sociaux, c'est bien pour le commun des mortels, mais quand vous partez à la chasse aux étoiles, rien ne vaut le culot.




J'adoooore, je suis tellement naturelle,
une vraie femme Barbara Gould

Au fait, Frédéric, on se revoit quand?...

dimanche 26 juin 2011

L'égalité des sexes aux orties...

Je vais encore me faire des copines, mais à mon âge, on compte ses amies sur les doigts d'une main de toute façon, alors...

Quel est l'équivalent du féminisme, pour vous? Pour moi, c'est le machisme: la propension naturelle d'un sexe à émettre des critiques acerbes sur l'autre afin de prouver sa valeur par l'opposition. Un truc primaire, initialement apanage de la gente masculine et là, c'est sûr, certaines femmes sont bien les égales de certains hommes.

Pourquoi parler d'égalité, alors que bon sang, nous ne le sommes pas et que c'est justement ça qui est intéressant? Nous sommes différents, émotionnellement, physiologiquement, psychiquement, scientifiquement. Nous courrons toujours le 100 mètres en plus de temps que les hommes, nous continuerons à pleurer plus facilement devant un film avec Kate Winslet, nous aurons toujours une tendance naturelle à faire des risettes à un bébé et nous aurons toujours une préférence pour les discussions nocturnes. Oh, bien sûr, vous pouvez trouver cela limitatif, vous pouvez avec raison hurler au scandale parce que les femmes restent moins payées que les hommes à poste équivalent, qu'elles passent plus de temps à s'occuper du foyer et des tâches ménagères, mais voilà, c'est comme ça.

La plupart d'entre nous continuent d'espérer que l'homme qui les invite leur ouvrira la portière de la voiture, leur prendra leur manteau et paiera l'addition à la fin du repas. Pourquoi s'en cacher? Vous croyez que quand je vois mes filles, j'ai envie de leur dire qu'elles sont l'égal des hommes alors qu'elles rêvent de princesses, qu'elles adorent les barrettes qui brillent et les robes qui tournent quand elles dansent? Au risque d'en décevoir certaines: non!

Parce que je trouve ça beau que nous soyons si différents et que nous soyons capables en même temps de tomber amoureux les uns des autres, parce que je trouve qu'il y a plein d'avantages à être une femme, que je n'échangerais pas ma place avec un homme. Parce que je n'ai pas l'impression qu'à l'époque où une Marguerite Duras était "écrivain", elle était moins talentueuse et touchante que depuis qu'on a inventé le mot "écrivaine".

Au fait, c'est quoi l'équivalent de "blaireau", pour une femme?...

dimanche 19 juin 2011

Le régime miracle

Je vais faire le bonheur de millions de personnes à travers le monde car j'ai décidé de vous donner ma recette secrète pour perdre du poids et ne pas en reprendre. Ca m'est venu à force d'être assaillie de questions: "comment tu fais pour rester mince?", "comment t'as perdu du poids?", "comment ça se fait que tu peux manger tout ce que tu veux sans grossir?"... florilège!

Première botte secrète: tomber enceinte. Je vous laisse choisir le moyen, du moment que l'objectif est rempli. Ah oui, option plus pour la suite, essayez d'en avoir deux d'un coup, c'est plus efficace! Ensuite, pendant la grossesse, mangez essentiellement des kebabs, des frites ou toute autre nourriture du même genre. Quand les enfants arrivent dans votre vie, déplacez-vous un maximum avec votre poussette, portez les enfants, faites le ménage, la lessive et le repassage plusieurs fois par semaine, tout en transportant vos sacs de commission ET vos enfants dans vos bras.

Ensuite, élément favorisant la perte de poids, arrangez-vous pour vivre quelque chose de difficile (perte d'un emploi, divorce, situation financière ou personnelle complexes) et faites comme si vous gériez. Cela s'appelle somatiser... redoutablement efficace. Pour vous assurer de ne pas reprendre de poids quand votre situation s'arrange, faites-en sorte de mettre de nouveaux obstacles sur votre chemin: montez votre entreprise, par exemple.

Voilà, vous avez tout noté? Si ça a marché pour moi, ça peut marcher pour vous! Pour être mince et le rester, le secret c'est d'avoir une vie compliquée et de prendre sur soi. Besoin de conseils en plus? Vous savez comment me joindre...

mercredi 15 juin 2011

Schizophrène...

C'est bien une qualité qu'il faut avoir quand on se met à déverser du verbe sur la toile. Tenez, prenez mon exemple: je me retrouve avec 4 blogs - celui-ci, les Journées Mondiales de l'Absurde, www.black-s.ch et vaudoiseontour.ch. Chacun avec une mission et un ton légèrement différent, abordant des facettes variées de la vie, du quotidien.

A côté de cela, je suis sur facebook (tout comme mon entreprise s'y trouve), sur twitter, sur linkedin, sur storify, sur tumblr, sur delicious, je dois avoir un compte qui traîne sur viadeo, un sur xing et j'en oublie, et je publie des informations sur d'autres supports que ceux liés à ma personne ou à mon travail, des informations relatives à des centres d'intérêts personnels ou professionnels. Ca, c'est pour la partie virtuelle.

Dans ma vraie vie, je suis tantôt l'entrepreneur, tantôt la blogueuse, tantôt la mère, tantôt la femme au foyer, tantôt l'amie, tantôt la fille ou la soeur, tantôt la commerciale et quand il me reste du temps, la femme tout court. Chacune de ces casquettes exige un positionnement particulier qui me définit face à mon interlocuteur et participe de sa vision de moi, tout en ayant l'obligation, à mes yeux, que le tout reste cohérent par rapport aux fondamentaux de ma personne.

Alors oui, faut être un peu schizo, un peu acteur, un peu mégalo, un peu narcissique, un peu exhibitionniste, mais avant tout, il faut avoir envie d'une chose: faire en sorte de faire avancer le schmilblick quel que soit le moyen...

dimanche 12 juin 2011

Viser le ciel...

Une phrase qui m'a été dite par Monsieur Bertrand Piccard lors d'une rencontre: "il faut viser les étoiles pour atteindre la cime des arbres" et il sait de quoi il parle, le bonhomme. Ca tombe bien, j'ai toujours eu la tête dans les étoiles, une sorte de Petit Prince au féminin, un peu décalé, toujours émerveillé. Avec mes enfants, c'est pareil. J'essaie de leur apprendre que rien n'est impossible, que les rêves sont non seulement une nécessité à la vie, mais en constituent même le moteur.



Certains qualifient cela d'ambition, je ne partage pas cet avis, sauf s'il s'agit d'être ambitieux avec sa propre vie, de faire ce en quoi l'on croit. Et je pense qu'on rencontre des personnes qui oeuvrent comme des guides sur ce cheminement. Modiano a écrit : "il est des êtres qui se tiennent en sentinelle à chaque carrefour de notre vie", et c'est vrai. J'ai fait des rencontres qui m'ont permis de comprendre que j'étais sur un chemin qui n'était pas le mien et ai retrouvé ceux qui m'indiquaient que j'étais à nouveau sur la seule bonne voie: la mienne.



Pourquoi j'aborde ce sujet-là ce soir? Parce que j'ai récité à mes filles un poème qui me vient de mon grand-père et qui parle d'un homme habitant sur la lune. Elles n'ont pas attendu très longtemps avant de me demander si elles pourraient aller sur la lune, un jour. Bien sûr, qu'elles peuvent y aller, c'est ce que je leur ai dit. Simplement, il faudrait qu'elles fassent de longues études, mais c'était tout à fait possible. Elles ont ensuite voulu savoir si je pourrais les accompagner. C'est leur rêve, pas le mien, je n'ai rien à faire dans ce projet, leur projet. Comme tous leurs autres projets. Ce que je trouve de plus fascinant dans le rôle de parent? Avoir le privilège d'accompagner un individu dans la réalisation de ses rêves, le stimuler, l'aider à découvrir tout son potentiel, lui faire voir tout ce qu'il recèle de particulier, d'unique, de merveilleux.

"Le bonheur, c'est de continuer à désirer ce que l'on possède"

La contre-partie? Avoir soi-même la capacité de rêver, connaître son propre potentiel et voir dans chaque seconde, chaque rencontre une opportunité, un cadeau de la vie. Je l'admets, je suis de très bonne humeur, ce soir. Je m'estime chanceuse: je travaille sans avoir l'impression de le faire, j'ai des enfants qui m'enseignent de nouvelles choses à chaque fois, je fréquente des gens exceptionnels avec lesquels je partage le meilleur de la vie, je découvre des auteurs qui nourrissent mon imaginaire, et croyez-moi, le plus dur c'est de savoir quoi en faire. Je crois que je le sais déjà...


vendredi 10 juin 2011

A qui vais-je léguer mon compte facebook?

Ben oui. Figurez-vous que ça m'est venu ce matin, au volant de ma voiture, en croisant une ambulance: une prise de conscience subite: si je meurs, mes proches se partageront mes affaires, mon ex-mari aura les filles, mais qui, oui qui va s'occuper de mon profil facebook?


Vincent, Paul et les autres

Non mais c'est vrai, finalement, c'est quand même un peu de mon histoire qui est sur ce mur, mes potes, les clips que j'aime bien, bref, une sorte de mémorial aux dernières années de ma vie! Facebook est un peu le receptacle de nos mémoires, une sorte d'auto-biographie publique et en temps réel. Pour avoir vu des personnes disparaître, non, je ne veux pas que mon profil devienne un compte en déshérence. J'aimerais que ceux qui me connaissent l'alimentent, le fasse vivre au-delà de ma propre existence.


Faites le mur!

Un profil abandonné, c'est toute la violence de la mort qui vous apparaît soudainement, avec les "joyeux anniversaire" des amis, les commentaires du type "plus que 15 jours et je suis en vacances", mais ce sont aussi les membres de la famille, les partenaires de vie, les connaissances proches ou lointaines, tout ceux avec lesquels nous avons partagé et qui nous ont "partagé". Personnellement, j'ai une dernière volonté quant à mon compte: qu'on ne le ferme pas, mais qu'on continue de le nourrir. Quand un être s'éteint, qu'une communauté s'éveille...

mercredi 8 juin 2011

Mes nuits sont plus belles que vos jours...

J'ai un fâcheux penchant pour les références culturelles vintage, en même temps, j'ai été élevée par une fan de Polnareff, de cinéma et de littérature et par un joueur de foot passionné par son sport... Autant dire que le conditionnement référentiel m'a accompagnée dès le berceau.

Johnny et moi, une aventure secrète

Eh oui, j'ai vécu une relation intense avec Johnny (Depp, pas Hallyday - même si le second reste mon idole sur scène juste derrière Springsteen) lorsque j'avais 16 ans. Vous ne le saviez pas? C'est normal. Johnny n'a pas vraiment été au courant non plus. J'avais un poster de lui dans ma chambre - pour les plus de 30 ans, vous vous rappeler sûrement de "Jump, twenty-one Jump...street" - et il me semblait évident que nous étions faits l'un pour l'autre, que nos chemins allaient finir par se croiser.
Je me préparais à cet événement, et aux questions des journalistes (évidemment qu'il y aurait des journalistes!) en me plaçant à côté de Johnny, face à mon miroir et en répondant (en anglais) aux questions pendant que mon chéri m'enveloppait de son regard de braise. Au passage, pour marquer le coup, je lui ai fait parvenir une lettre avec un bijou en or pour son anniversaire.... Il n'a jamais répondu et j'ai fini par rompre... avec mes rêves.

En concert avec Freddy

Ensuite, il y a eu les répétitions avec les Queen - ma chambre en a vu, des événements! - pour notre tournée à travers le monde. Mon miroir, enfin, Freddy Mercury, me regardait droit dans les yeux et nous faisions des duos qui avaient une autre allure que celui de Céline Dion et Garou, croyez-moi! Des heures à apprendre les paroles de "Who wants to live forever", "To love somebody" ou "I want to break free", des millions de fans en transe à chacune de nos apparitions... et puis, la mort de Freddy, qui a mis fin à notre tour de chant à travers la planète.




La princesse au tablier

Plus petite encore, je me rendais souvent chez mes grands-parents; ils avaient un jardin familial (que mon grand-père entretient toujours, en fait, je ne sais pas lequel des deux entretient l'autre) où je passais beaucoup de temps à cueillir les divers fruits et légumes présents sur place.
Vêtue d'un tablier (je portais des habits dessous, évidemment...), tenant mes bols destinés à recueillir le fruit de tant de labeur, je devenais Cendrillon: une jeune femme enlevée et utilisée à de basses tâches, mais qui, au milieu des champs, finissait par rencontrer un Prince Charmant qui réalisait à quel point la jeune femme avait sa place à ses côtés, et l'enlevait pour l'épouser dans son Palais où elle se retrouvait dans la plus belle robe que vous puissiez imaginer. Et puis, j'ai grandi, et les Princes Charmants que j'ai rencontré n'ont pas été si Charmants que ça, pas plus que je n'étais une Princesse, au final...

And now...

Bien sûr, je ne suis plus aussi naïve qu'autrefois (même si je vois bien que c'est moi que Johnny Depp regarde quand il passe à la télévision), mais j'ai quand même réussi à garder mon côté rêveuse relativement intact. On m'a appris, qu'il n'y avait de limites que notre propre imagination et la mienne fonctionne tellement bien que je me réjouis déjà de voir ce que les 50 prochaines années de vie me réservent.
Je passe désormais pas mal de temps à écrire, à observer, à écouter, à lire et toute la matière que j'ingurgite la journée se transforme en histoires ahurissantes quand je dors. J'ai une double-vie. Elles sont les deux aussi intéressantes l'une que l'autre. Je ne rêve pas ma vie, elle est juste bien plus belle que ce que j'aurais pu rêver.


mercredi 1 juin 2011

Destination: Brazil!!!

Mercredi pluvieux: parents malheureux. C'est sûr que quand il fait beau, c'est plus simple. Aller jouer dehors, aller à la piscine, sur une place de jeux, bref, les activités que les enfants (de l'âge des miens) peuvent accomplir de façon relativement indépendantes ne manquent pas! Mais quand il pleut... Après les parties de UNO, les histoires à raconter, les dessins, et j'en passe pour ne pas faire peur à ceux qui ne sont pas encore dotés d'une descendance, ne manquent pas.

Le Ciné, c'est pas pour les fauchés!

Après avoir longuement réfléchi, tout à coup, je me dis, Mais bon sang, mais c'est bien sûr, il y a le cinoche. Le vieux copain des jours pluvieux, celui qui répond toujours présent et qui fait plaisir aux petits comme aux grands (quand ça rime, c'est plus joli, un truc de fille, tiens!). Donc, je me rends sur le site de Pathé (un coup de pub au passage) et je vois que Rio est à l'affiche le mercredi à... 12h55. Ce sont des sadiques, les mecs de la programmation.

Nouveau problème: comment je fais pour la bouffe, moi??!! Je décide que c'est une journée où je vais me simplifier la vie et donc, je fais sauter le budget. Restaurant. Il y a des choses qui n'ont pas de prix, et pour tout le reste, il y a ma VISA. Décision prise, je réserve mes billets (des fois que toutes les mères aient eu la même idée que moi), et là, le choc. 21 francs pour moi, 16 par enfants. Et comme Rio n'est visible qu'en 3D, 2 francs de plus par paire de lunettes. Mais c'est quoi ce délire? On parle de santé à deux vitesses, eh ben la culture, c'est pareil, je vous le dis. 60 balles de cinéma, sans compter le resto (des crèpes, mais ça m'a quand même coûté 50.- pour 3), le cinéma est un loisir de riches!

Rio Grande


Honnêtement, le film était génial. Dès l'intro, on se dit que la pluie, c'est bon pour les gens qui travaillent et que quand même, la samba, les couleurs, les oiseaux en 3D qui vous arrivent en pleine poire, c'est ça, la vraie vie! Je me suis marrée, j'ai été éblouie par l'atmosphère et ça m'a même convaincue d'aller, un jour, au Brésil, histoire de me trémousser aussi sous les yeux de Jésus.

Mes nanas n'ont pas compris tout de suite le principe de la 3D, juste que ça faisait "comme en vrai". Une superbe campagne de promotion pour Rio, si tant est que la ville en a besoin. D'ailleurs, en 2014, ce sera le décor de certains matchs de la Coupe du Monde. Et je me dis que le sport aussi, a parfois deux vitesses. Qu'en Afrique du Sud les locaux n'ont pas pu se payer les tickets pour les matchs, comme certains de mes compatriotes ne peuvent pas s'offrir une après-midi comme celle que j'ai vécue avec mes filles... Si je me sens chanceuse? Non. Je considère normal de pouvoir offrir un ciné à ses enfants. Et c'est ça qui est grave: quand les bonnes choses de la vie deviennent un luxe pour certains...

lundi 30 mai 2011

Suis-je une extra-terrestre?

J'ai décidé de formuler cela comme ça, parce qu'il m'arrive au vu de certaines réactions, de me poser la question. Une fois n'est pas coutume, il s'agit d'un billet dont le sujet m'a été demandé par bebe-bebe.com, une plate-forme destinée aux parents, ce qui constitue une de mes activités, même si elle est à temps "partiel".

J'ai deux fillettes de 5 ans et demi (oui, des jumelles... mais qui ne se ressemblent pas du tout) dont j'ai la garde une semaine sur deux et la moitié des vacances. Parallèlement, j'ai fondé il y a 18 mois mon entreprise avec un associé et depuis 3 mois, j'ai ouvert mon propre blog tout en en profitant pour développer davantage ma présence en ligne sur divers réseaux sociaux. Côté enfants, je suis plutôt bien lotie. Déjà, elles vont à l'école (les horaires sont absurdes, mais il y a une très bonne structure d'accueil pas loin entre midi et deux et après 15h), ensuite, elles sont vraiment cool, stimulantes au niveau de leurs questions existentielles et m'obligent à évoluer en tant que mère, autant qu'en tant qu'individu.

Pour mon entreprise, la première année a été aussi compliquée en terme d'organisation et de gestion que vous pouvez l'imaginer, un peu comme un troisième enfant à gérer, sauf qu'en plus, il faut convaincre des gens de travailler avec vous alors que vous êtes tout jeune. Humainement, professionnellement, c'est une aventure ardue et passionnante où j'ai pu découvrir que c'est dans les moments difficiles que l'on découvre aussi de quoi on est fait.

Quant à mon blog, il a vu le jour après une période de remise en question en profondeur de mes envies, mes priorités, justement parce que les deux éléments précédents ainsi que d'autres paramètres m'avaient éloignée de mes fondamentaux. Ce blog, c'est mon truc à moi, mon territoire, l'endroit qui n'appartient qu'à la femme que je suis, pas à la maman, ni à la businesswoman. Il m'a permis de faire de nouvelles rencontres, d'explorer d'autres voies professionnelles et de me révéler à moi-même. Ce qui m'a finalement permis d'être à la fois une maman mieux dans ses baskets et une entrepreneuse plus efficace, plus confiante.

Bien sûr, il y a des frustrations, parce que malgré tout, le monde du travail et de l'entrepreneuriat n'est pas prévu pour des profils comme le mien: les événements de réseautage ont lieu le matin au moment où les enfants vont à l'école et le soir, quand il faut aller les chercher. Je ne connais d'ailleurs aucun homme qui a monté son entreprise en ayant la garde de ses enfants une semaine sur deux et la plupart des femmes que j'ai rencontrées qui l'ont fait étaient ou sont en couple (côté sécurité financière, ça rassure déjà!). Mon blog, je m'en occupe le soir, lorsque j'ai l'esprit libre et que je suis seule avec moi-même. La semaine où je n'ai pas mes filles, j'essaie également de maintenir ma vie sociale personnelle en voyant mes amis, en allant au cinéma ou en faisant des sorties qui me font plaisir.

C'est important, le plaisir, essentiel. J'ai découvert récemment que les contraintes que l'on choisit, que l'on accepte, ne sont plus des contraintes. Du coup, pas de frustrations. C'est ma conclusion numéro 1.

La deuxième, c'est que lorsqu'on est animé par la passion de la vie, par la curiosité, l'envie d'aller vers les autres, on dispose de ressources illimitées.

La troisième, c'est que lorsque l'on fait les choses parce qu'elles nous correspondent, par amour, tout est plus facile, on est plus efficace quant on aime ce qu'on a choisi et surtout, qu'on a choisi de faire ce que l'on aime.

La quatrième, c'est de savoir s'écouter, se respecter tel que l'on est, en connaissant ses forces et en acceptant ses limites. L'équilibre personnel, c'est la base du bonheur, la pierre angulaire de la réussite au sens où je l'entends désormais.

Enfin, tout cela ne serait pas possible sans mes filles et le moteur qu'elles représentent, sans ma famille sur laquelle je peux compter à tout moment, sans mes amis qui me soutiennent et m'apportent leurs propres sourires et avec qui j'ai des échanges qui me font grandir, sans mon associé qui me permet d'être une extra-terrestre qui s'assume. Tous, ils participent à me donner le courage de continuer chaque jour en appréciant la vie que j'ai, que j'ai choisie, telle qu'elle est. Je l'aime, parce que c'est la mienne, rien qu'à moi.

Comme le disait ce bon vieux Périclès : "Il n'est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage".


vendredi 27 mai 2011

Enfants à vendre ou à donner

Non, mais vraiment! C'est incroyable à quel point les enfants peuvent vous emm.... en vous confrontant sans cesse, je vous jure. A un tel point qu'avant de m'atteler à mon repassage (une autre des tâches passionnantes qui font mon quotidien!), je n'ai pas hésité à partager ce nouveau moment épique de grande solitude avec vous.

Vous avez déjà lu mon article sur le fait que j'ai eu le malheur d'évoquer Hitler devant elles (le lendemain d'ailleurs, elles voulaient voir sa tête et j'ai sorti une image sur Google - je me dis qu'à force, je vais finir par être mise sur la liste noire des cyber-terroristes potentiels) et que voilà qu'aujourd'hui, elles me font un nouveau coup.

On était à table, tranquilles, les trois en train de papoter de choses et d'autres, quand l'une des deux me demandent comment on fabrique le papier... Sérieusement, faut avoir un doctorat pour éduquer des gosses! Ils peuvent pas se contenter de demander ce que c'est que cette bouteille de lait, comme dans les pubs??!! Bref, je leur explique grossièrement que ça se fait à partir des arbres, de leur écorce et j'évite de trop m'attarder sur le processus de fabrication, que je ne maîtrise pas. Et voilà que l'autre se met à hurler : "quoi??!! Avec des arbres??!! Mais alors, on tue la Nature pour faire du papier (merci l'école!!)??". Faut savoir que déjà aujourd'hui, je leur donne le seul bain de la semaine (je privilégie la douche pour leur apprendre à se laver seules) et qu'elles ont elles-mêmes arrêté l'eau au niveau de leurs hanches "pour pas gaspiller", parce qu'on leur a appris ça à l'école...



C'est génial, non? Maintenant, elles ne veulent plus dessiner sur des feuilles (je vais devoir acheter et expliquer le principe du papier recyclé) et pour le bain, je suis bonne pour m'éclater le dos à les mouiller comme je peux et à les rincer idem. Bon, l'étape d'après, c'est quoi? Parce qu'elles me font des scènes pour le recyclage de mes déchets quand elles me voient jeter du PET à la poubelle. D'ici à ce que je doive acheter une voiture électrique, y a pas long, je vous le dis. Ils veulent pas plutôt harmoniser les horaires, à l'école, pour que les mères ne polluent pas la planète en faisant plusieurs voyages, au lieu de leur bourrer le mou avec avec l'eau du bain? Hein, franchement?...

mercredi 25 mai 2011

M6, c'est plus fort que toi!

Pékin Express ce soir, X Factor hier, Un dîner presque parfait tous les jours, Top Chef, Turbo, 100% mag, D&co, Maison à vendre, Recherche maison ou appartement, Belle toute nue, Nouveau look pour une nouvelle vie... Et j'en passe! M6 a tout compris: la petite chaîne qui montait à ses débuts est désormais la référence en matière d'émissions qui cartonnent en terme d'audience... et de concepts! J'avoue, je suis scotchée devant mon petit écran devant la plupart de leurs programmes, surtout la semaine où je suis assignée à résidence par mes deux nanas. Du coup, j'ai essayé de me demander ce qui pouvait bien générer cette dépendance, surtout qu'honnêtement, on en a vu une, on les a toutes vues.

Mais alors, c'est quoi, leur truc!!!?? Bon, déjà, c'est accessible et ça parle à tout le monde: décoration, bouffe, logement, voiture, people, qui n'est pas concerné? Ensuite, ça fait des sujets de discussion. La déco pourrie de Damidot, les jurés sadiques de X Factor, l'état infâme d'un appart dans C'est du propre!, le choc des cultures entre Bidochon et indigènes dans Pékin Express, tout est prétexte à pouvoir rire des participants, voire de piquer quelques bonnes astuces au passage...

Pourtant, le plus fort, c'est qu'on rentre chez les gens, dans leur intimité. On les voit humiliés, pris en charge par les animateurs, démunis, rabroués, et ça, ça soulage le voyeur en nous, et le dépressif. En voyant certains passages, on se prend à se réjouir de la vie qu'on a, ça agit comme un anxiolytique, ça rassure. Là, je marque un temps d'arrêt pour ceux qui pensent que c'est grave de considérer le nivellement par le bas comme rassurant, mais on a toujours le choix. Même dans X Factor il y a des OVNIS qui pourraient se retrouver sur des chaînes plus "élitistes" ou programmés sur des radios "trendy".

Et je vais vous dire: j'écoutais Couleur 3 aujourd'hui parce que j'aime bien le ton de certaines émissions. Et quand l'animatrice fait l'éloge de Rihanna et enchaîne sur Lady Gaga pour expliquer que elle, par contre, "elle n'est pas diffusée sur Couleur 3"... Ben moi, franchement, entre Rihanna et Lady Gaga, je vois pas la différence... Alors j'aime bien M6, parce qu'au moins, ils mettent tout le monde dans le même panier et j'ai pas l'impression qu'ils se vendent pour autre chose que ce qu'ils sont, eux...

mardi 24 mai 2011

Qu'est-ce qui m'a pris?...

J'étais tranquillement installée dans ma voiture, j'avais récupéré mes filles dans leur structure d'accueil (eh oui, les horaires d'école enfantine sont évidemment prévus pour arranger les parents qui travaillent!...) et je roulais donc en direction de mon Home Sweet Home. Voilà qu'on croise des chars militaires (le Gros-de-Vaud réserve des surprises, faut pas croire qu'il ne se passe rien à la campagne) et que mes filles me demandent ce que c'est. Je leur réponds: "des chars" et elles enchaînent avec un "à quoi ça sert?".

On est en pleine période des questions, j'en aurais encore quelques-unes bien embêtantes à vous soumettre, juste pour savoir ce que vous, vous répondriez. Bref, là, je réponds que ça sert aux soldats, pour défendre le pays. Elles me demandent pourquoi, s'il y a des gens qui veulent nous attaquer. Je leur dis que là, on ne fait que s'entraîner (ça fait tellement longtemps que la Suisse s'entraîne, d'ailleurs, qu'elle sera sûrement totalement prête le jour où un pépin arrivera...) et que c'est si jamais il y a la guerre. Petite précision: j'évite que mes filles regardent le téléjournal, convaincue que même si on ne peut pas les préserver de tout, j'ai déjà assez à faire avec les nombreuses autres questions qui me sont posées. Fin de l'aparté.

Donc elles me demandent si par exemple l'Allemagne fait la guerre (la copine de leur père vient de là-bas, d'où le lien immédiat, je suppose) et là, je dis, qu'est-ce qui m'a pris??!! Je leur explique que la guerre avec l'Allemagne, c'était il y a très longtemps, et comme elles enchaînent pour savoir contre qui, je me retrouve à essayer de m'en sortir en disant qu'il y avait un Monsieur très, très méchant qui avait tué plein de gens et que tous les pays s'étaient mis contre lui. Déjà, le fait de devoir essayer de ne pas stigmatiser toute une nation sur la base d'une période sombre, ça demande un certain recul compte tenu du fait qu'il serait facile de jeter la pierre aux Allemands en général. Ensuite, quand elles m'ont demandé son nom et que je me suis entendue dire: "Adolf Hitler", j'ai eu l'impression de commettre l'irréparable. De un, si elles en parlent à l'école, que va penser la maîtresse? De deux, entendre ce nom dans la bouche de mes filles, ça m'a moi-même choquée tant le décalage entre ce qu'elles en comprennent et la réalité est grand. De trois, j'ai eu le sentiment de leur parler de quelque chose de totalement hors de leur perception historique.

En effet, est-ce que, pour elles, dans quelques années, cette guerre que même leurs grands-parents n'auront pas connue, aura encore une résonance quelconque? Entre moi-même et la deuxième guerre, il y avait la mémoire de mes grands-parents, me racontant leurs anecdotes et leur perception. Ils faisaient en quelque sorte partie de l'Histoire avec un grand H. Désormais, qui leur transmettra la réalité de ce qui leur apparaîtra peut-être comme de simples archives dans dix ans? Qu'est-ce qui m'a pris? L'éveil de ma conscience qu'être parent, c'est aussi assurer le devoir de la mémoire? Franchement, je n'en sais rien. Mes les enfants de 5 ans sont épuisants, ça c'est sûr. Passant de la création de l'univers, à la découverte du feu, la sexualité, Georges Braque (oui, merci la maîtresse), mes filles me font réaliser à quel point je vais encore en baver les 15 prochaines années... Super Nanny, tu me manques!!!


lundi 23 mai 2011

Soeur Sourire

C'est tout moi, ça: les bonnes blagues dès le titre du billet, et de préférence, réservée aux personnes dotées d'une très grande culture (ceux qui ne voient pas l'allusion trouveront très vite la référence!)... Vous avez deviné? On me reproche parfois de ne pas me lâcher sur mon blog, mais là, cette histoire a fait turbiné mon imagination pendant toutes mes vacances et a réveillé mes envies d'échafauder des théories absurdes. Je parle de l'affaire DSK. Vu que tous les médias s'en donnent à coeur joie, y a pas de raisons que je ne fasse pas un melting-pot des réactions, y compris celles sous-entendues et celles qu'on aurait encore pu entendre.

Théorie numéro 1: le complot "anti-Obama".

Vous avez remarqué qu'après avoir fait l'actualité et renforcé la popularité d'Obama, on n'a plus rien entendu sur les suites de l'affaire Ben Laden? En fait, maintenant, on se fout de savoir ce qui s'est vraiment passé, du fait qu'il était armé ou pas, qu'il a été balancé à la mer, qu'une de ses femmes peut témoigner et qu'Obama a libéré le monde de l'ennemi public numéro 1. Y a bien eu le mariage de William, mais ça n'a duré qu'une journée et puis les frasques de Pippa n'occupe plus que les magazines people, pas de quoi soulever les foules. Alors Obama risquait bien de refaire l'actu et ça allait de paire avec l'idée d'une purge des gêneurs de tous poils (les Américains ont d'ailleurs "demandé" à Khadafi de s'exiler, gentiment) initiée par le "Printemps Arabe". Pas compliqué: c'est un coup des Démocrates qui ont monté ce complot afin de détourner l'attention des médias d'Obama et de donner l'avantage au petit hongrois français qui était, lui, en mauvaise posture et ne pouvait pas imaginer que sa belle chanteuse aller enfin tomber enceinte grâce à la magie de la procréation médicalement assistée. Absurde? Exactement.

Théorie numéro 2: le complot "féministe"

C'est vrai, y en a marre que les délinquants sexuels soient vus comme des séducteurs un peu portés sur la chose, surtout que DSK n'en est pas à son coup d'essai, selon Mme Banon. Il faut un exemple pour défendre la cause des femmes victimes d'agressions sexuelles... Ségolène a d'ailleurs eu une pensée pour la victime, elle qui défend justement cette cause (en même temps, elle, elle ne risque pas grand-chose de ce côté-là). Mine de rien, elle a su faire sentir que bien que la retenue soit de mise, elle penchait sérieusement pour la jeune femme du Sofitel. D'ailleurs, il semblerait qu'une troisième affaire soit en train de faire surface, comme par hasard, les langues se délient, alors que DSK était au sommet de son art et probablement très bien parti pour les présidentielles. Ben maintenant, il n'est plus rien, si ce n'est l'occasion rêvée d'attirer l'attention du public et des médias sur les charges qui l'accablent et qui vont enfin permettre de faire passer ce genre de crime du simple fait divers à la Une des médias de toute la planète. La cause des victimes en sort grandie et mise en lumière: trop beau pour être vrai?...

Théorie numéro 3: le complot "du zizi"

On a là un homme qui occupe un poste parmi les plus prestigieux de la planète, régulant les finances du monde et dotés de compétences hors norme. Une intelligence stratégique rare, des diplômes à ne plus en finir, un charisme flagrant, une femme belle, une position de favori pour les prochaines élections à la Présidence... Bref, il a tout. C'est un homme de pouvoir, et on dit que le pouvoir c'est justement l'objectif ultime de ce type de personnalités. Et voilà que tout à coup, cet homme se trouve piégé par ce qu'il a en commun avec Monsieur tout-le-monde: ses pulsions. Sur ce point-là, rien ne le différencie du mec ivre qui, sortant de boîte de nuit et ayant le QI d'un poisson rouge, se rue sur une nana en estimant qu'elle l'a bien cherché... L'habit ne fait pas le moine et je me demande si ce n'est pas rassurant de se dire que s'il a vraiment fait ce qu'on lui reproche, son goût pour le pouvoir a été cannibalisé par sa pulsion et que, même s'il ne l'a pas fait et que la jeune femme était consentante, le résultat est le même. Un suicide politique et professionnel.

Au-delà de mes tribulations sans fondement si ce n'est l'objectif de divaguer sur un sujet qui envahit nos chaînes de télé, je suis juste consternée de voir l'analyse faite du système américain, notamment lorsque DSK a été filmé menotté et escorté lors de son arrestation. Les médias trouvaient cela odieux et allant à l'encontre de la dignité humaine. Et j'étais d'accord. Mais alors, pourquoi a-t-elle été diffusée par ces mêmes médias? C'est ça, l'information? Vraiment?

dimanche 22 mai 2011

Carte postale de Djerba

Vous l'avez attendu, celui-là, pas vrai? Mon Koh-Lanta à moi, sans iPhone et seule en pays étranger. Un pays en plein changement... Eh bien, vous allez être déçus sur ces deux points. Finalement, je me suis très bien passée de vous (aussi bien que vous de moi ;-)) et si je n'avais pas su qu'une révolution avait eu lieu pas très loin de là, je n'aurais rien remarqué de spécial. J'ai bien tenté de mener l'enquête, mais quelle déception: l'investigatrice médiocre que je suis a engagé la conversation avec les "locaux" pour leur demander ce qu'il pensait de tout ça, avec, je dois bien l'avouer, une certaine attente d'un enthousiasme prononcé, du type: "ça a changé nos vies", "ça a été incroyable", "ça a été dur", "je connais des gens qui...". Rien du tout. Un désabus total. Ils s'attendaient à des changements immédiats, notamment sur leur salaire, sur les horaires de travail, ils avaient de l'espoir sur des choses très concrètes. Un serveur gagne environ 390 dinars tunisiens (260 francs) et en cas de chômage, point de salut, point d'argent. Ils n'ont pas vraiment de semaines de vacances non plus, sauf si le patron n'a pas de travail pour eux...

Ils reconnaissent quand même une chose: ils ont le droit de se plaindre et de parler, ce qui n'était pas le cas avant. La liberté. Mais une liberté qui ne remplit ni un frigo, ni un appartement.

Concernant les choses un peu plus légères, j'ai été frappée de voir le mélange de femmes portant le voile et entièrement couvertes passant leurs journées à l'intérieur de l'hôtel, tandis que les hommes se promènent à leur guise et que, parallèlement, les danseuses du ventre (héritage très ancien du Moyen-Orient), excitent les sens par leur déhanché sensuel et leur tenue... légère. Il y a des paradoxes qui résonnent étrangement quand on les observe directement...

Quant à moi, j'ai constaté qu'être une femme seule en cette contrée est une expérience intéressante à bien des égards: quel que soit l'âge, les charmants tunisiens vous donnent de la "gazelle", "princesse" ou du "chouchou" à tire larigot, et on sent bien sous ces tentatives de séduction, la recherche d'un conte de fées à la mode tunisienne (un passeport à la clé, pour les plus chanceux). Du coup, après quelques agacements, j'en suis venue à me demander qui était responsable de cette attitude et je dois bien avouer qu'ils ne tenteraient pas si ça n'avait pas déjà porté ses fruits... J'ai donc cessé de jeter un regard dur sur ces charmants jeunes hommes, comprenant au vu de leurs conditions de vie, leurs tentatives visant à les améliorer.

En même temps que je me laissais aller à ne rien faire (j'ai quand même "dévoré" 7 bouquins, qui n'ont rien à voir avec le boulot, je précise), j'avais le loisir de voir les infos françaises sur ma télévision avant d'attaquer le buffet du soir. J'ai donc assisté à l'absurdité de l'affaire DSK. Mais ça, je vais en faire un billet tout spécial, parce que ce billet est consacré aux vacances, et pas au fait que les médias deviennent consternants...

PS: la photo, c'est pour montrer que je ne suis pas qu'un pictogramme avec des couettes....

vendredi 13 mai 2011

Du suicide?

Figurez-vous que mon blog a le culot de partir en vacances... enfin pas vraiment mon blog, c'est plutôt moi, en fait... Parce qu'un blog, vous vous en doutez, ça ne peut pas faire ses petites valises, emporter ses bouquins, se mettre de la crème solaire et manger des tajines, alors que moi, oui! Donc, je pars en vacances: là, dans une heure et demie, dans rien du tout. Et au moment de quitter la technologie (pour ceux qui ont lu mon article précédent-et j'espère que vous êtes des millions), je réalise à quel point c'est difficile. C'est que j'y tiens, à mon succès grandissant (ah, l'ego), à vos nombreux retours (ah, la mythomanie) et à vos lettres de remerciements (ah... y a quoi après la mythomanie?)...

Du coup, je me demande si vous serez là à mon retour (parce que j'espère bien qu'il y en aura un), pour que je vous fasse partager mes photos (tiens, non, y en aura pas), mes aventures (avec 10 bouquins, tu parles) et mes réflexions (ça, sûrement). Et comme la vie nous réserve parfois des surprises, j'espère aussi que lorsque je rallumerai tous mes bidules électroniques, je serai 16ème sur Foursquare, mon fil d'actualité sera plein d'infos incroyables sur fb, que ma boîte mail ne renfermera que des appels au secours et que Twitter sera surchargé. Sinon, à quoi ça servirait de partir en vacances?...

Je t'aime, public...

jeudi 12 mai 2011

Une semaine chrono...

Je pars en vacances. Jusque-là, rien d'extraordinaire, sauf que... j'ai décidé de partir sans iPhone et sans Mac. Comme ça, ça n'a l'air de rien, mais imaginez: une semaine, 7 jours sans un mail, sans un sms, et surtout, sans facebook, foursquare ou linkedin. Mais comment vais-je faire? Je ne vais pas savoir si mes clients ont besoin de moi (ah, le fameux truc de penser qu'on est irremplaçable!), mes amis vont m'oublier (c'est pas à ça qu'on reconnaît ses vrais amis?), et si je me fais des connaissances là-bas, comment vais-je me rappeler de leur nom (quoi? Un stylo? C'est quoi, ça: un truc de geek?). Je ne serai jamais Mayor de Djerba ou de mon hôtel, je ne délockerai pas le badge Jet-Set, et pour poster mes Instagram sur twitter et facebook, on oublie (ah oui, je dois avoir un appareil-photo qui traîne, mais rien qui permette d'envoyer en simultané, évidemment).

Oui, moi, Aline Isoz, je suis iPhoïnomane et j'ai décidé de faire comme dans les films, quand les gens rentrent en prison: mettre mon iPhone et mon Mac dans un carton avant de quitter le monde civilisé. Koh-Lanta, c'est de la rigolade à côté. On leur a pas enlevé le téléphone satellite, même TF1 n'a pas été assez vicieux pour oser... My name is Aline Isoz, and this is gonna be the longest week of my life...

La Nature, plus forte que la Migros?

Ah, les enfants... leur innocence et leur naïveté me surprennent tous les jours; leur franchise aussi. Ils sont capables de vous faire des remarques bien senties (et parfaitement justifiées) sans aucun filtre social (tact, diplomatie, etc.). Cela a le mérite de vous remettre à votre place, comme quand une de mes filles, me voyant me maquiller le matin, me demandait: "pourquoi tu te maquilles?", ce à quoi je répondis: "pour être plus jolie...". Eh bien, elle m'a regardée quelques minutes et a affirmé toute étonnée: "mais... ça ne marche pas!". Vous voulez être sûr de ne jamais prendre la grosse tête? Faites des enfants, c'est une vraie leçon d'humilité...

Les enfants ont d'autres "avantages", surtout quand on travaille comme moi dans le monde de la communication. Ils vous montrent le bien (et le mal) que font certains concepts marketing, ainsi que leurs effets à moyen ou long termes (vous aurez sûrement droit à d'autres billets sur ce sujet, c'est la maman qui vous le dit). Une de mes filles a perdu une de ses dents ce matin, la deuxième de la série. Et ce soir, au moment du coucher, elle a placé sa dent sous son oreiller pour que la petite souris la lui échange contre une piécette. On en a parlé un peu, de cette fameuse souris (elles commencent à me poser des questions auxquels je n'ai pas toujours de réponse, du type: comment s'appelle le monsieur qui a inventé le feu?) et ma fille m'a demandé comment la petite souris faisait pour ramasser les dents de tous les enfants du monde. Du coup, je me suis appuyée sur ce que lui avait dit son père, à savoir qu'il y a une petite souris par pays et qu'elles collectionnent les dents des enfants. Ma fille m'a regardée et m'a dit: "comme les nanos?"...

Voilà qui a eu le mérite d'égayer ma soirée, puisqu'on s'est ensuite prises au jeu et qu'on a imaginé les bourses d'échange entre "petites souris", cherchant à compléter leur collection, voire à obtenir les super joker, des pièces rares, à ne pas en douter! Au moins, la petite souris ne débourse que 1, 2 ou 5 francs pour son nano et il n'y a aucune date limite à l'opération... Finalement, c'est bien fait: la Nature veut que tous les jours, des enfants placent leur dent sous leur coussin et qu'elle ne demande rien en échange de la fidélité de la petite souris, si ce n'est que les enfants continuent d'y croire...

mardi 10 mai 2011

Le Factor sonne toujours deux fois

Quelle entrée en matière: y a des jours où je me fais rire moi-même (c'est déjà un bon début)! Du coup, j'enchaîne directement avec la question évidente en ce mardi d'absurdité télévisuelle: ai-je le X Factor? Pour commencer, je suis allée faire un tour sur mon dictionnaire préféré (le web) et j'ai découvert que ce fameux facteur X n'a rien à voir avec un postier anonyme, ni avec une accointance particulière avec la pornographie, il s'agit de ce petit plus qui amène une valeur ajoutée à quelque chose ou à quelqu'un, ce truc totalement indéfinissable qui fait qu'on sort (ou pas) du "lot".

Parfois, avoir le facteur X peut être un inconvénient, tant il vous positionne comme un danger pour ceux qui en sont dépourvus. Ce sont souvent les mêmes qui utilisent votre facteur X pour se mettre en avant, voire qui tente de vous évincer de façon peu subtile tant ils croient leur règne proche de la fin. Le X Factor est un don quelconque (humoristique, artistique, relationnel, sportif, etc.) dont vous n'avez absolument pas demandé à être affublé et que tantôt vous assumez comme une chance, tantôt comme un désavantage, selon votre environnement du moment. Ce don, si vous ne le respectez pas, si vous ne l'écoutez pas, se remanifeste de façon subtile et régulière, comme un rappel que l'on voudrait étouffer. Un peu comme dans "chassez le naturel, il revient au galop".

Bien sûr, vous pouvez décider de l'ignorer, par culpabilité ou sentiment d'injustice à l'égard des "sans facteur X", ou simplement pour passer inaperçu. Et taire du même coup tout le potentiel que vous révèle ce facteur X ainsi que les gens dont vous allez pouvoir en faire profiter. Finalement, ce fameux facteur est bien le messager d'une nouvelle heureuse: vous pouvez amener quelque chose au monde, quelque chose d'unique dont vous êtes le seul représentant.