Ego trip

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Aline Isoz officie en tant qu’experte en transformation numérique auprès des entreprises et institutions romandes. Titulaire d’un Bachelor en Communication, Marketing et Relations publiques, elle a commencé sa carrière dans le monde des agences publicitaires comme indépendante, puis a successivement occupé les postes de Directrice de création et de Directrice des stratégies digitales en Suisse romande, avant d’ouvrir sa propre agence en gestion de marques et branding, Blackswan et alineisoz.ch, un service d'accompagnement à la transformation digitale des RH, notamment. 

Nominée en 2015 pour le prix de la « Femme digitale de l’année » au Meilleur du Web, Aline Isoz a mis sur pied une délégation suisse de femmes actives dans le numérique invitée à la Journée de la femme digitale à Paris en mars 2016 ; elle consacre depuis une série de portraits aux femmes suisses du numérique dans Le Temps, après avoir tenu pendant 5 ans une chronique dans le magazine Bilan.

Membre de l’ACAD, elle intervient régulièrement dans le cadre de conférences ou d’ateliers thématiques auprès de décideurs, d’administrateurs de société et commente également les enjeux liés au numérique dans les médias en tant qu’experte. 

En 2016, elle est devenue membre du comité du Cercle suisse des administratrices, membre d’une commission pour Vigiswiss et a rejoint le conseil consultatif de la société aequivalent, de même que le conseil d’administration de la société Globaz SA.

De nationalité suisse, Aline Isoz parle français, allemand et anglais et elle a suivi des formations sur le Business Model Canvas Generation, sur l’intelligence économique et la veille stratégique, ainsi que sur les ressources humaines. 

lundi 30 mai 2011

Suis-je une extra-terrestre?

J'ai décidé de formuler cela comme ça, parce qu'il m'arrive au vu de certaines réactions, de me poser la question. Une fois n'est pas coutume, il s'agit d'un billet dont le sujet m'a été demandé par bebe-bebe.com, une plate-forme destinée aux parents, ce qui constitue une de mes activités, même si elle est à temps "partiel".

J'ai deux fillettes de 5 ans et demi (oui, des jumelles... mais qui ne se ressemblent pas du tout) dont j'ai la garde une semaine sur deux et la moitié des vacances. Parallèlement, j'ai fondé il y a 18 mois mon entreprise avec un associé et depuis 3 mois, j'ai ouvert mon propre blog tout en en profitant pour développer davantage ma présence en ligne sur divers réseaux sociaux. Côté enfants, je suis plutôt bien lotie. Déjà, elles vont à l'école (les horaires sont absurdes, mais il y a une très bonne structure d'accueil pas loin entre midi et deux et après 15h), ensuite, elles sont vraiment cool, stimulantes au niveau de leurs questions existentielles et m'obligent à évoluer en tant que mère, autant qu'en tant qu'individu.

Pour mon entreprise, la première année a été aussi compliquée en terme d'organisation et de gestion que vous pouvez l'imaginer, un peu comme un troisième enfant à gérer, sauf qu'en plus, il faut convaincre des gens de travailler avec vous alors que vous êtes tout jeune. Humainement, professionnellement, c'est une aventure ardue et passionnante où j'ai pu découvrir que c'est dans les moments difficiles que l'on découvre aussi de quoi on est fait.

Quant à mon blog, il a vu le jour après une période de remise en question en profondeur de mes envies, mes priorités, justement parce que les deux éléments précédents ainsi que d'autres paramètres m'avaient éloignée de mes fondamentaux. Ce blog, c'est mon truc à moi, mon territoire, l'endroit qui n'appartient qu'à la femme que je suis, pas à la maman, ni à la businesswoman. Il m'a permis de faire de nouvelles rencontres, d'explorer d'autres voies professionnelles et de me révéler à moi-même. Ce qui m'a finalement permis d'être à la fois une maman mieux dans ses baskets et une entrepreneuse plus efficace, plus confiante.

Bien sûr, il y a des frustrations, parce que malgré tout, le monde du travail et de l'entrepreneuriat n'est pas prévu pour des profils comme le mien: les événements de réseautage ont lieu le matin au moment où les enfants vont à l'école et le soir, quand il faut aller les chercher. Je ne connais d'ailleurs aucun homme qui a monté son entreprise en ayant la garde de ses enfants une semaine sur deux et la plupart des femmes que j'ai rencontrées qui l'ont fait étaient ou sont en couple (côté sécurité financière, ça rassure déjà!). Mon blog, je m'en occupe le soir, lorsque j'ai l'esprit libre et que je suis seule avec moi-même. La semaine où je n'ai pas mes filles, j'essaie également de maintenir ma vie sociale personnelle en voyant mes amis, en allant au cinéma ou en faisant des sorties qui me font plaisir.

C'est important, le plaisir, essentiel. J'ai découvert récemment que les contraintes que l'on choisit, que l'on accepte, ne sont plus des contraintes. Du coup, pas de frustrations. C'est ma conclusion numéro 1.

La deuxième, c'est que lorsqu'on est animé par la passion de la vie, par la curiosité, l'envie d'aller vers les autres, on dispose de ressources illimitées.

La troisième, c'est que lorsque l'on fait les choses parce qu'elles nous correspondent, par amour, tout est plus facile, on est plus efficace quant on aime ce qu'on a choisi et surtout, qu'on a choisi de faire ce que l'on aime.

La quatrième, c'est de savoir s'écouter, se respecter tel que l'on est, en connaissant ses forces et en acceptant ses limites. L'équilibre personnel, c'est la base du bonheur, la pierre angulaire de la réussite au sens où je l'entends désormais.

Enfin, tout cela ne serait pas possible sans mes filles et le moteur qu'elles représentent, sans ma famille sur laquelle je peux compter à tout moment, sans mes amis qui me soutiennent et m'apportent leurs propres sourires et avec qui j'ai des échanges qui me font grandir, sans mon associé qui me permet d'être une extra-terrestre qui s'assume. Tous, ils participent à me donner le courage de continuer chaque jour en appréciant la vie que j'ai, que j'ai choisie, telle qu'elle est. Je l'aime, parce que c'est la mienne, rien qu'à moi.

Comme le disait ce bon vieux Périclès : "Il n'est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage".


vendredi 27 mai 2011

Enfants à vendre ou à donner

Non, mais vraiment! C'est incroyable à quel point les enfants peuvent vous emm.... en vous confrontant sans cesse, je vous jure. A un tel point qu'avant de m'atteler à mon repassage (une autre des tâches passionnantes qui font mon quotidien!), je n'ai pas hésité à partager ce nouveau moment épique de grande solitude avec vous.

Vous avez déjà lu mon article sur le fait que j'ai eu le malheur d'évoquer Hitler devant elles (le lendemain d'ailleurs, elles voulaient voir sa tête et j'ai sorti une image sur Google - je me dis qu'à force, je vais finir par être mise sur la liste noire des cyber-terroristes potentiels) et que voilà qu'aujourd'hui, elles me font un nouveau coup.

On était à table, tranquilles, les trois en train de papoter de choses et d'autres, quand l'une des deux me demandent comment on fabrique le papier... Sérieusement, faut avoir un doctorat pour éduquer des gosses! Ils peuvent pas se contenter de demander ce que c'est que cette bouteille de lait, comme dans les pubs??!! Bref, je leur explique grossièrement que ça se fait à partir des arbres, de leur écorce et j'évite de trop m'attarder sur le processus de fabrication, que je ne maîtrise pas. Et voilà que l'autre se met à hurler : "quoi??!! Avec des arbres??!! Mais alors, on tue la Nature pour faire du papier (merci l'école!!)??". Faut savoir que déjà aujourd'hui, je leur donne le seul bain de la semaine (je privilégie la douche pour leur apprendre à se laver seules) et qu'elles ont elles-mêmes arrêté l'eau au niveau de leurs hanches "pour pas gaspiller", parce qu'on leur a appris ça à l'école...



C'est génial, non? Maintenant, elles ne veulent plus dessiner sur des feuilles (je vais devoir acheter et expliquer le principe du papier recyclé) et pour le bain, je suis bonne pour m'éclater le dos à les mouiller comme je peux et à les rincer idem. Bon, l'étape d'après, c'est quoi? Parce qu'elles me font des scènes pour le recyclage de mes déchets quand elles me voient jeter du PET à la poubelle. D'ici à ce que je doive acheter une voiture électrique, y a pas long, je vous le dis. Ils veulent pas plutôt harmoniser les horaires, à l'école, pour que les mères ne polluent pas la planète en faisant plusieurs voyages, au lieu de leur bourrer le mou avec avec l'eau du bain? Hein, franchement?...

mercredi 25 mai 2011

M6, c'est plus fort que toi!

Pékin Express ce soir, X Factor hier, Un dîner presque parfait tous les jours, Top Chef, Turbo, 100% mag, D&co, Maison à vendre, Recherche maison ou appartement, Belle toute nue, Nouveau look pour une nouvelle vie... Et j'en passe! M6 a tout compris: la petite chaîne qui montait à ses débuts est désormais la référence en matière d'émissions qui cartonnent en terme d'audience... et de concepts! J'avoue, je suis scotchée devant mon petit écran devant la plupart de leurs programmes, surtout la semaine où je suis assignée à résidence par mes deux nanas. Du coup, j'ai essayé de me demander ce qui pouvait bien générer cette dépendance, surtout qu'honnêtement, on en a vu une, on les a toutes vues.

Mais alors, c'est quoi, leur truc!!!?? Bon, déjà, c'est accessible et ça parle à tout le monde: décoration, bouffe, logement, voiture, people, qui n'est pas concerné? Ensuite, ça fait des sujets de discussion. La déco pourrie de Damidot, les jurés sadiques de X Factor, l'état infâme d'un appart dans C'est du propre!, le choc des cultures entre Bidochon et indigènes dans Pékin Express, tout est prétexte à pouvoir rire des participants, voire de piquer quelques bonnes astuces au passage...

Pourtant, le plus fort, c'est qu'on rentre chez les gens, dans leur intimité. On les voit humiliés, pris en charge par les animateurs, démunis, rabroués, et ça, ça soulage le voyeur en nous, et le dépressif. En voyant certains passages, on se prend à se réjouir de la vie qu'on a, ça agit comme un anxiolytique, ça rassure. Là, je marque un temps d'arrêt pour ceux qui pensent que c'est grave de considérer le nivellement par le bas comme rassurant, mais on a toujours le choix. Même dans X Factor il y a des OVNIS qui pourraient se retrouver sur des chaînes plus "élitistes" ou programmés sur des radios "trendy".

Et je vais vous dire: j'écoutais Couleur 3 aujourd'hui parce que j'aime bien le ton de certaines émissions. Et quand l'animatrice fait l'éloge de Rihanna et enchaîne sur Lady Gaga pour expliquer que elle, par contre, "elle n'est pas diffusée sur Couleur 3"... Ben moi, franchement, entre Rihanna et Lady Gaga, je vois pas la différence... Alors j'aime bien M6, parce qu'au moins, ils mettent tout le monde dans le même panier et j'ai pas l'impression qu'ils se vendent pour autre chose que ce qu'ils sont, eux...

mardi 24 mai 2011

Qu'est-ce qui m'a pris?...

J'étais tranquillement installée dans ma voiture, j'avais récupéré mes filles dans leur structure d'accueil (eh oui, les horaires d'école enfantine sont évidemment prévus pour arranger les parents qui travaillent!...) et je roulais donc en direction de mon Home Sweet Home. Voilà qu'on croise des chars militaires (le Gros-de-Vaud réserve des surprises, faut pas croire qu'il ne se passe rien à la campagne) et que mes filles me demandent ce que c'est. Je leur réponds: "des chars" et elles enchaînent avec un "à quoi ça sert?".

On est en pleine période des questions, j'en aurais encore quelques-unes bien embêtantes à vous soumettre, juste pour savoir ce que vous, vous répondriez. Bref, là, je réponds que ça sert aux soldats, pour défendre le pays. Elles me demandent pourquoi, s'il y a des gens qui veulent nous attaquer. Je leur dis que là, on ne fait que s'entraîner (ça fait tellement longtemps que la Suisse s'entraîne, d'ailleurs, qu'elle sera sûrement totalement prête le jour où un pépin arrivera...) et que c'est si jamais il y a la guerre. Petite précision: j'évite que mes filles regardent le téléjournal, convaincue que même si on ne peut pas les préserver de tout, j'ai déjà assez à faire avec les nombreuses autres questions qui me sont posées. Fin de l'aparté.

Donc elles me demandent si par exemple l'Allemagne fait la guerre (la copine de leur père vient de là-bas, d'où le lien immédiat, je suppose) et là, je dis, qu'est-ce qui m'a pris??!! Je leur explique que la guerre avec l'Allemagne, c'était il y a très longtemps, et comme elles enchaînent pour savoir contre qui, je me retrouve à essayer de m'en sortir en disant qu'il y avait un Monsieur très, très méchant qui avait tué plein de gens et que tous les pays s'étaient mis contre lui. Déjà, le fait de devoir essayer de ne pas stigmatiser toute une nation sur la base d'une période sombre, ça demande un certain recul compte tenu du fait qu'il serait facile de jeter la pierre aux Allemands en général. Ensuite, quand elles m'ont demandé son nom et que je me suis entendue dire: "Adolf Hitler", j'ai eu l'impression de commettre l'irréparable. De un, si elles en parlent à l'école, que va penser la maîtresse? De deux, entendre ce nom dans la bouche de mes filles, ça m'a moi-même choquée tant le décalage entre ce qu'elles en comprennent et la réalité est grand. De trois, j'ai eu le sentiment de leur parler de quelque chose de totalement hors de leur perception historique.

En effet, est-ce que, pour elles, dans quelques années, cette guerre que même leurs grands-parents n'auront pas connue, aura encore une résonance quelconque? Entre moi-même et la deuxième guerre, il y avait la mémoire de mes grands-parents, me racontant leurs anecdotes et leur perception. Ils faisaient en quelque sorte partie de l'Histoire avec un grand H. Désormais, qui leur transmettra la réalité de ce qui leur apparaîtra peut-être comme de simples archives dans dix ans? Qu'est-ce qui m'a pris? L'éveil de ma conscience qu'être parent, c'est aussi assurer le devoir de la mémoire? Franchement, je n'en sais rien. Mes les enfants de 5 ans sont épuisants, ça c'est sûr. Passant de la création de l'univers, à la découverte du feu, la sexualité, Georges Braque (oui, merci la maîtresse), mes filles me font réaliser à quel point je vais encore en baver les 15 prochaines années... Super Nanny, tu me manques!!!


lundi 23 mai 2011

Soeur Sourire

C'est tout moi, ça: les bonnes blagues dès le titre du billet, et de préférence, réservée aux personnes dotées d'une très grande culture (ceux qui ne voient pas l'allusion trouveront très vite la référence!)... Vous avez deviné? On me reproche parfois de ne pas me lâcher sur mon blog, mais là, cette histoire a fait turbiné mon imagination pendant toutes mes vacances et a réveillé mes envies d'échafauder des théories absurdes. Je parle de l'affaire DSK. Vu que tous les médias s'en donnent à coeur joie, y a pas de raisons que je ne fasse pas un melting-pot des réactions, y compris celles sous-entendues et celles qu'on aurait encore pu entendre.

Théorie numéro 1: le complot "anti-Obama".

Vous avez remarqué qu'après avoir fait l'actualité et renforcé la popularité d'Obama, on n'a plus rien entendu sur les suites de l'affaire Ben Laden? En fait, maintenant, on se fout de savoir ce qui s'est vraiment passé, du fait qu'il était armé ou pas, qu'il a été balancé à la mer, qu'une de ses femmes peut témoigner et qu'Obama a libéré le monde de l'ennemi public numéro 1. Y a bien eu le mariage de William, mais ça n'a duré qu'une journée et puis les frasques de Pippa n'occupe plus que les magazines people, pas de quoi soulever les foules. Alors Obama risquait bien de refaire l'actu et ça allait de paire avec l'idée d'une purge des gêneurs de tous poils (les Américains ont d'ailleurs "demandé" à Khadafi de s'exiler, gentiment) initiée par le "Printemps Arabe". Pas compliqué: c'est un coup des Démocrates qui ont monté ce complot afin de détourner l'attention des médias d'Obama et de donner l'avantage au petit hongrois français qui était, lui, en mauvaise posture et ne pouvait pas imaginer que sa belle chanteuse aller enfin tomber enceinte grâce à la magie de la procréation médicalement assistée. Absurde? Exactement.

Théorie numéro 2: le complot "féministe"

C'est vrai, y en a marre que les délinquants sexuels soient vus comme des séducteurs un peu portés sur la chose, surtout que DSK n'en est pas à son coup d'essai, selon Mme Banon. Il faut un exemple pour défendre la cause des femmes victimes d'agressions sexuelles... Ségolène a d'ailleurs eu une pensée pour la victime, elle qui défend justement cette cause (en même temps, elle, elle ne risque pas grand-chose de ce côté-là). Mine de rien, elle a su faire sentir que bien que la retenue soit de mise, elle penchait sérieusement pour la jeune femme du Sofitel. D'ailleurs, il semblerait qu'une troisième affaire soit en train de faire surface, comme par hasard, les langues se délient, alors que DSK était au sommet de son art et probablement très bien parti pour les présidentielles. Ben maintenant, il n'est plus rien, si ce n'est l'occasion rêvée d'attirer l'attention du public et des médias sur les charges qui l'accablent et qui vont enfin permettre de faire passer ce genre de crime du simple fait divers à la Une des médias de toute la planète. La cause des victimes en sort grandie et mise en lumière: trop beau pour être vrai?...

Théorie numéro 3: le complot "du zizi"

On a là un homme qui occupe un poste parmi les plus prestigieux de la planète, régulant les finances du monde et dotés de compétences hors norme. Une intelligence stratégique rare, des diplômes à ne plus en finir, un charisme flagrant, une femme belle, une position de favori pour les prochaines élections à la Présidence... Bref, il a tout. C'est un homme de pouvoir, et on dit que le pouvoir c'est justement l'objectif ultime de ce type de personnalités. Et voilà que tout à coup, cet homme se trouve piégé par ce qu'il a en commun avec Monsieur tout-le-monde: ses pulsions. Sur ce point-là, rien ne le différencie du mec ivre qui, sortant de boîte de nuit et ayant le QI d'un poisson rouge, se rue sur une nana en estimant qu'elle l'a bien cherché... L'habit ne fait pas le moine et je me demande si ce n'est pas rassurant de se dire que s'il a vraiment fait ce qu'on lui reproche, son goût pour le pouvoir a été cannibalisé par sa pulsion et que, même s'il ne l'a pas fait et que la jeune femme était consentante, le résultat est le même. Un suicide politique et professionnel.

Au-delà de mes tribulations sans fondement si ce n'est l'objectif de divaguer sur un sujet qui envahit nos chaînes de télé, je suis juste consternée de voir l'analyse faite du système américain, notamment lorsque DSK a été filmé menotté et escorté lors de son arrestation. Les médias trouvaient cela odieux et allant à l'encontre de la dignité humaine. Et j'étais d'accord. Mais alors, pourquoi a-t-elle été diffusée par ces mêmes médias? C'est ça, l'information? Vraiment?

dimanche 22 mai 2011

Carte postale de Djerba

Vous l'avez attendu, celui-là, pas vrai? Mon Koh-Lanta à moi, sans iPhone et seule en pays étranger. Un pays en plein changement... Eh bien, vous allez être déçus sur ces deux points. Finalement, je me suis très bien passée de vous (aussi bien que vous de moi ;-)) et si je n'avais pas su qu'une révolution avait eu lieu pas très loin de là, je n'aurais rien remarqué de spécial. J'ai bien tenté de mener l'enquête, mais quelle déception: l'investigatrice médiocre que je suis a engagé la conversation avec les "locaux" pour leur demander ce qu'il pensait de tout ça, avec, je dois bien l'avouer, une certaine attente d'un enthousiasme prononcé, du type: "ça a changé nos vies", "ça a été incroyable", "ça a été dur", "je connais des gens qui...". Rien du tout. Un désabus total. Ils s'attendaient à des changements immédiats, notamment sur leur salaire, sur les horaires de travail, ils avaient de l'espoir sur des choses très concrètes. Un serveur gagne environ 390 dinars tunisiens (260 francs) et en cas de chômage, point de salut, point d'argent. Ils n'ont pas vraiment de semaines de vacances non plus, sauf si le patron n'a pas de travail pour eux...

Ils reconnaissent quand même une chose: ils ont le droit de se plaindre et de parler, ce qui n'était pas le cas avant. La liberté. Mais une liberté qui ne remplit ni un frigo, ni un appartement.

Concernant les choses un peu plus légères, j'ai été frappée de voir le mélange de femmes portant le voile et entièrement couvertes passant leurs journées à l'intérieur de l'hôtel, tandis que les hommes se promènent à leur guise et que, parallèlement, les danseuses du ventre (héritage très ancien du Moyen-Orient), excitent les sens par leur déhanché sensuel et leur tenue... légère. Il y a des paradoxes qui résonnent étrangement quand on les observe directement...

Quant à moi, j'ai constaté qu'être une femme seule en cette contrée est une expérience intéressante à bien des égards: quel que soit l'âge, les charmants tunisiens vous donnent de la "gazelle", "princesse" ou du "chouchou" à tire larigot, et on sent bien sous ces tentatives de séduction, la recherche d'un conte de fées à la mode tunisienne (un passeport à la clé, pour les plus chanceux). Du coup, après quelques agacements, j'en suis venue à me demander qui était responsable de cette attitude et je dois bien avouer qu'ils ne tenteraient pas si ça n'avait pas déjà porté ses fruits... J'ai donc cessé de jeter un regard dur sur ces charmants jeunes hommes, comprenant au vu de leurs conditions de vie, leurs tentatives visant à les améliorer.

En même temps que je me laissais aller à ne rien faire (j'ai quand même "dévoré" 7 bouquins, qui n'ont rien à voir avec le boulot, je précise), j'avais le loisir de voir les infos françaises sur ma télévision avant d'attaquer le buffet du soir. J'ai donc assisté à l'absurdité de l'affaire DSK. Mais ça, je vais en faire un billet tout spécial, parce que ce billet est consacré aux vacances, et pas au fait que les médias deviennent consternants...

PS: la photo, c'est pour montrer que je ne suis pas qu'un pictogramme avec des couettes....

vendredi 13 mai 2011

Du suicide?

Figurez-vous que mon blog a le culot de partir en vacances... enfin pas vraiment mon blog, c'est plutôt moi, en fait... Parce qu'un blog, vous vous en doutez, ça ne peut pas faire ses petites valises, emporter ses bouquins, se mettre de la crème solaire et manger des tajines, alors que moi, oui! Donc, je pars en vacances: là, dans une heure et demie, dans rien du tout. Et au moment de quitter la technologie (pour ceux qui ont lu mon article précédent-et j'espère que vous êtes des millions), je réalise à quel point c'est difficile. C'est que j'y tiens, à mon succès grandissant (ah, l'ego), à vos nombreux retours (ah, la mythomanie) et à vos lettres de remerciements (ah... y a quoi après la mythomanie?)...

Du coup, je me demande si vous serez là à mon retour (parce que j'espère bien qu'il y en aura un), pour que je vous fasse partager mes photos (tiens, non, y en aura pas), mes aventures (avec 10 bouquins, tu parles) et mes réflexions (ça, sûrement). Et comme la vie nous réserve parfois des surprises, j'espère aussi que lorsque je rallumerai tous mes bidules électroniques, je serai 16ème sur Foursquare, mon fil d'actualité sera plein d'infos incroyables sur fb, que ma boîte mail ne renfermera que des appels au secours et que Twitter sera surchargé. Sinon, à quoi ça servirait de partir en vacances?...

Je t'aime, public...

jeudi 12 mai 2011

Une semaine chrono...

Je pars en vacances. Jusque-là, rien d'extraordinaire, sauf que... j'ai décidé de partir sans iPhone et sans Mac. Comme ça, ça n'a l'air de rien, mais imaginez: une semaine, 7 jours sans un mail, sans un sms, et surtout, sans facebook, foursquare ou linkedin. Mais comment vais-je faire? Je ne vais pas savoir si mes clients ont besoin de moi (ah, le fameux truc de penser qu'on est irremplaçable!), mes amis vont m'oublier (c'est pas à ça qu'on reconnaît ses vrais amis?), et si je me fais des connaissances là-bas, comment vais-je me rappeler de leur nom (quoi? Un stylo? C'est quoi, ça: un truc de geek?). Je ne serai jamais Mayor de Djerba ou de mon hôtel, je ne délockerai pas le badge Jet-Set, et pour poster mes Instagram sur twitter et facebook, on oublie (ah oui, je dois avoir un appareil-photo qui traîne, mais rien qui permette d'envoyer en simultané, évidemment).

Oui, moi, Aline Isoz, je suis iPhoïnomane et j'ai décidé de faire comme dans les films, quand les gens rentrent en prison: mettre mon iPhone et mon Mac dans un carton avant de quitter le monde civilisé. Koh-Lanta, c'est de la rigolade à côté. On leur a pas enlevé le téléphone satellite, même TF1 n'a pas été assez vicieux pour oser... My name is Aline Isoz, and this is gonna be the longest week of my life...

La Nature, plus forte que la Migros?

Ah, les enfants... leur innocence et leur naïveté me surprennent tous les jours; leur franchise aussi. Ils sont capables de vous faire des remarques bien senties (et parfaitement justifiées) sans aucun filtre social (tact, diplomatie, etc.). Cela a le mérite de vous remettre à votre place, comme quand une de mes filles, me voyant me maquiller le matin, me demandait: "pourquoi tu te maquilles?", ce à quoi je répondis: "pour être plus jolie...". Eh bien, elle m'a regardée quelques minutes et a affirmé toute étonnée: "mais... ça ne marche pas!". Vous voulez être sûr de ne jamais prendre la grosse tête? Faites des enfants, c'est une vraie leçon d'humilité...

Les enfants ont d'autres "avantages", surtout quand on travaille comme moi dans le monde de la communication. Ils vous montrent le bien (et le mal) que font certains concepts marketing, ainsi que leurs effets à moyen ou long termes (vous aurez sûrement droit à d'autres billets sur ce sujet, c'est la maman qui vous le dit). Une de mes filles a perdu une de ses dents ce matin, la deuxième de la série. Et ce soir, au moment du coucher, elle a placé sa dent sous son oreiller pour que la petite souris la lui échange contre une piécette. On en a parlé un peu, de cette fameuse souris (elles commencent à me poser des questions auxquels je n'ai pas toujours de réponse, du type: comment s'appelle le monsieur qui a inventé le feu?) et ma fille m'a demandé comment la petite souris faisait pour ramasser les dents de tous les enfants du monde. Du coup, je me suis appuyée sur ce que lui avait dit son père, à savoir qu'il y a une petite souris par pays et qu'elles collectionnent les dents des enfants. Ma fille m'a regardée et m'a dit: "comme les nanos?"...

Voilà qui a eu le mérite d'égayer ma soirée, puisqu'on s'est ensuite prises au jeu et qu'on a imaginé les bourses d'échange entre "petites souris", cherchant à compléter leur collection, voire à obtenir les super joker, des pièces rares, à ne pas en douter! Au moins, la petite souris ne débourse que 1, 2 ou 5 francs pour son nano et il n'y a aucune date limite à l'opération... Finalement, c'est bien fait: la Nature veut que tous les jours, des enfants placent leur dent sous leur coussin et qu'elle ne demande rien en échange de la fidélité de la petite souris, si ce n'est que les enfants continuent d'y croire...

mardi 10 mai 2011

Le Factor sonne toujours deux fois

Quelle entrée en matière: y a des jours où je me fais rire moi-même (c'est déjà un bon début)! Du coup, j'enchaîne directement avec la question évidente en ce mardi d'absurdité télévisuelle: ai-je le X Factor? Pour commencer, je suis allée faire un tour sur mon dictionnaire préféré (le web) et j'ai découvert que ce fameux facteur X n'a rien à voir avec un postier anonyme, ni avec une accointance particulière avec la pornographie, il s'agit de ce petit plus qui amène une valeur ajoutée à quelque chose ou à quelqu'un, ce truc totalement indéfinissable qui fait qu'on sort (ou pas) du "lot".

Parfois, avoir le facteur X peut être un inconvénient, tant il vous positionne comme un danger pour ceux qui en sont dépourvus. Ce sont souvent les mêmes qui utilisent votre facteur X pour se mettre en avant, voire qui tente de vous évincer de façon peu subtile tant ils croient leur règne proche de la fin. Le X Factor est un don quelconque (humoristique, artistique, relationnel, sportif, etc.) dont vous n'avez absolument pas demandé à être affublé et que tantôt vous assumez comme une chance, tantôt comme un désavantage, selon votre environnement du moment. Ce don, si vous ne le respectez pas, si vous ne l'écoutez pas, se remanifeste de façon subtile et régulière, comme un rappel que l'on voudrait étouffer. Un peu comme dans "chassez le naturel, il revient au galop".

Bien sûr, vous pouvez décider de l'ignorer, par culpabilité ou sentiment d'injustice à l'égard des "sans facteur X", ou simplement pour passer inaperçu. Et taire du même coup tout le potentiel que vous révèle ce facteur X ainsi que les gens dont vous allez pouvoir en faire profiter. Finalement, ce fameux facteur est bien le messager d'une nouvelle heureuse: vous pouvez amener quelque chose au monde, quelque chose d'unique dont vous êtes le seul représentant.

jeudi 5 mai 2011

Et le contenu, bordel!

Pourvu que personne ne prenne ce titre comme une simple vulgarité de ma part mais que mes illustres lecteurs y voient le clin d'oeil prévu... Bref, je m'étais engagée à ne pas trop consacrer ce blog aux aspects professionnels de ma personne, mais tout est si lié, désormais... Mon job, c'est un peu ma vie et ma vie inspire mon job, il paraît donc logique que l'un et l'autre fusionne, notamment pour ce billet.

C'est bien, les stratégies, surtout pour les marques. On retrouve d'ailleurs tous types de stratégies dans tous types de domaines, allant de la guerre aux relations humaines, en passant par le jeu ou la communication. Une stratégie a l'avantage de définir des objectifs et des moyens pour atteindre ces objectifs. Ensuite, le stratège se retire et la mise en application commence. Croyez-moi ou non, pourtant c'est rarement à l'étape de la stratégie que les problèmes surgissent. Une stratégie peut certes être inadéquate et causer des dégâts importants, elle demeure une problématique de vision, relativement subjective et donc sujette aux erreurs d'appréciation. Quasiment excusable, comme un râteau dans un plan de séduction mal évalué.

En revanche, lorsqu'une stratégie a été adoptée, nulle place à l'erreur humaine. On parle simplement d'application. Pourquoi je vous parle de tout cela? Parce que ces derniers temps, j'ai tout loisir par mes diverses fonctions d'entendre et de lire les nombreuses stratégies proposées aux entreprises (je parle de la Suisse romande, évidemment) pour réussir leur défloraison sur les réseaux sociaux. Je laisse d'emblée de côté les marques qui se sont déjà offertes un community manager ou peu importe comment on le nomme: celui qui créé et gère les contenus destinés à ces canaux. En revanche, je suis étonnée par le manque cruel de profils (ou alors, ils sont cachés dans un bunker et la navy seals ne les a pas encore trouvés, ceux-là) à même de générer des contenus intéressants, voire pertinents.

Une bonne occasion de faire mon auto-promo? Et pourquoi pas, je vous le demande? Il faut bien des soldats pour aller se battre au front, et des créateurs de contenus pour donner du contenant... Ceci un un cri du coeur: faites appel à des spécialistes pour raconter l'histoire de votre marque, vous confiez bien vos cheveux à un coiffeur professionnel, non?

mercredi 4 mai 2011

Quel avenir pour mon blog...

Certes, j'ai déjà la chance d'avoir deux enfants, deux merveilleuses petites filles de 5 ans et demi. Et bizarrement, je ne me demande jamais ce qu'elles vont devenir professionnellement ou si elles se marieront un jour et assureront leur propre descendance. Je souhaite juste qu'elles deviennent des adultes épanouies et équilibrées auxquelles j'aurais réussi à transmettre des valeurs et une bonne éducation afin qu'elles puissent explorer ce qui leur semble intéressant.

En revanche, moi qui ai 36 ans et qui blogue depuis quelques temps, je me demande ce que va devenir mon espace d'expression. Ce que j'ai envie d'en faire. J'ai déjà eu le privilège incroyable de bénéficier d'une vitrine grâce à une marque qui m'a fait confiance et j'ai même pu m'exercer à la "web tv" en donnant mon style aux différents contenus. J'ai décidé de ne pas me positionner en experte de quoi que ce soit, il y a assez de blog évoquant les réseaux sociaux, le marketing, le 2.0, les infographies diverses et variées, je pense plutôt que ce qui manque aujourd'hui, ce sont des gens qui ne réagissent pas à chaque nouveau truc trendy qui émerge, mais parviennent à rester concentrés sur la finalité de tout ceci.

Actuellement en pleine lecture du "Crépuscule du devoir" (c'est pas pour faire ma crâneuse, je dois aussi m'accrocher pour tout comprendre), je réalise que rares sont les "opposants" sur la toile. On y trouve des coachs de vie, des spécialistes, des journalistes, mais je cherche encore des équivalents aux éditorialistes qui ont fait les beaux jours de la presse écrite, notamment ceux de la trempe de l'Express des débuts de JJSS, qui ne craignaient pas de prendre le contre-pied de la pensée majoritaire et de défendre leur point de vue. J'ai le sentiment que plus j'écris, plus mon clavier a des velléités révolutionnaires et il se pourrait bien qu'un jour ou l'autre, ce blog prenne des allures d'Aurore...

mardi 3 mai 2011

Mais que font les journalistes?!

Ok, je n'ai pas une formation journalistique et je ne suis personne. Je blogue et je me contente de représenter l'auditeur, téléspectateur et lecteur lambda (j'espère) et pourtant, je ne comprends pas: à l'heure où l'on remet en question le métier de journaliste, où la presse connaît des heures difficiles face à l'information gratuite et aux prises de parole du tout-venant, où les scoops sont désormais l'apanage des twitters et autres réseaux immédiats et réactifs, je me demande à quoi jouent ceux qui sont aujourd'hui déjà sur la sellette?...

Je suis choquée par le traitement que la plupart des médias ont accordé à la mort de l'ennemi public numéro 1.

On a eu droit d'abord à un coiffage au poteau de la Maison Blanche par twitter, à la photo truquée présentée à grands renforts de commentaires rassurés et rassurants comme étant LA preuve que la proie avait bien été abattue, puis, aux premiers doutes sur son authenticité et enfin au démenti. Aujourd'hui, on nous a offert en pâture les photos de la fameuse opération vue de l'intérieur du QG d'Obama, le visage tendu d'Hillary, et même les images de l'extérieur de la tanière du (désormais) martyr ainsi que des mares de sang en jonchant le sol. Je ne mentionne même pas les commentaires du type: "enfin, c'est fait", "les USA peuvent enfin respirer", voire "justice a été rendue".

STOP! Pourquoi continuer à chercher l'info fraîche alors qu'aujourd'hui, on le sait, une info dont les médias parlent est une info qui a déjà été vue, lue et transmise par la plupart des intéressés. Pourquoi nous offrir des "analyses" à chaud, des hypothèses non vérifiées et conclure par "finalement, nous n'en savons pas beaucoup plus"? Ben oui, il faut attendre que les Américains aient l'amabilité de nous transmettre les informations suivantes, éventuellement un test ADN, une vraie photo du mort, ou alors simplement les images de l'attaque. Et pendant ce temps-là, que font les journalistes? Pas grand-chose. Ce qu'on pourrait en attendre? Un peu de recul, une mise en perspective des événements dans leur contexte global, des interrogations sur le sens de tout cela et sur la légitimité de l'action. Une prise de risque, une prise de position et non pas une simple retranscription des faits. Pour ça, il y a pléthore d'agrégateurs, de canaux et parallèlement si peu de gens qui interrogent. Le problème n'est donc pas de se demander comment le métier de journaliste va survivre, mais bien de redéfinir le métier de journaliste, ce qui le rend unique et différent dans son approche de celle d'une profane comme moi.

dimanche 1 mai 2011

Le sens des choses...

Ze question: pourquoi? Là, deux courants s'opposent: ceux, heureux, qui estiment qu'il ne faut pas chercher du sens dans tout, et les autres, torturés sans doute, qui pensent qu'identifier une motivation justifie les actes. Honnêtement, je me situe plutôt du côté des deuxièmes, malgré mes efforts permanents pour prendre les choses plus "légèrement". Ah, l'insoutenable légèreté de l'être qui nous ramène toujours à notre condition d'humain, en tout cas pour certains d'entre nous. Plus je vais de l'avant, plus je vieillis, plus je me nourris, plus je pense que connaître les raisons qui nous poussent à faire certaines choses est primordial, premièrement pour ne pas commettre sans cesse les mêmes erreurs, deuxièmement, pour mieux comprendre qui l'on est. Il m'arrive parfois de tenter des expériences en me demandant pourquoi je le fais, voire en pensant savoir pourquoi je le fais. Et quand l'expérience s'achève, je réalise que des raisons plus profondes m'ont poussée. Qu'elles ont une logique dans mon parcours de vie, qu'elles s'imbriquent comme les pièces d'un puzzle, un puzzle qui fait qui je suis. Chaque fois que j'ai accompli quelque chose sans rechercher le pourquoi, je me suis trompée.

Professionnellement, on peut réagir par peur, par opportunisme, et accepter un travail parce qu'on pense qu'on ne trouvera pas mieux. Est-ce une bonne raison? On peut décider que oui. Et ensuite, décider que ce travail était exactement ce qu'il nous fallait, pour éviter de continuer à s'interroger sur ce que l'on veut et vaut vraiment. Et démissionner à la première "meilleure occasion" qui se présentera. Au niveau privé, c'est pareil. On peut "choisir" quelqu'un par peur, par confort et s'y faire. Se dire que c'est pas si mal. Et démissionner à la première "meilleure occasion" qui se présentera. Une absence de quête de soi qui conduit à toujours être en quête d'une "meilleure occasion". Des choix par défaut.

Ou alors, on peut faire le choix d'aller à la rencontre de nos motivations profondes, de notre raison d'être. Professionnellement et personnellement, on choisira alors les options qui nous correspondent réellement et on prendra conscience que c'est LA meilleure occasion, simplement parce qu'elle est ce qu'il nous faut.  Pour ces gens-là, l'herbe a beau être plus verte chez le voisin, ils préfèrent la leur parce que ce sont eux qui en prennent soin, l'arrosent et la tondent. Des choix par conviction.

Il y a sûrement plus de gens qui choisissent par défaut, et ce sont les mêmes qui admirent ceux qui choisissent par conviction. Il y a un prix à payer pour arriver à cette deuxième option: prendre le risque d'aller à la rencontre de soi, de se confronter à soi-même, peu importe qui on découvre derrière le masque.

"Le souci de sa propre image, voilà l'incorrigible immaturité de l'homme." Milan Kundera