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Aline Isoz officie en tant qu’experte en transformation numérique auprès des entreprises et institutions romandes. Titulaire d’un Bachelor en Communication, Marketing et Relations publiques, elle a commencé sa carrière dans le monde des agences publicitaires comme indépendante, puis a successivement occupé les postes de Directrice de création et de Directrice des stratégies digitales en Suisse romande, avant d’ouvrir sa propre agence en gestion de marques et branding, Blackswan et alineisoz.ch, un service d'accompagnement à la transformation digitale des RH, notamment. 

Nominée en 2015 pour le prix de la « Femme digitale de l’année » au Meilleur du Web, Aline Isoz a mis sur pied une délégation suisse de femmes actives dans le numérique invitée à la Journée de la femme digitale à Paris en mars 2016 ; elle consacre depuis une série de portraits aux femmes suisses du numérique dans Le Temps, après avoir tenu pendant 5 ans une chronique dans le magazine Bilan.

Membre de l’ACAD, elle intervient régulièrement dans le cadre de conférences ou d’ateliers thématiques auprès de décideurs, d’administrateurs de société et commente également les enjeux liés au numérique dans les médias en tant qu’experte. 

En 2016, elle est devenue membre du comité du Cercle suisse des administratrices, membre d’une commission pour Vigiswiss et a rejoint le conseil consultatif de la société aequivalent, de même que le conseil d’administration de la société Globaz SA.

De nationalité suisse, Aline Isoz parle français, allemand et anglais et elle a suivi des formations sur le Business Model Canvas Generation, sur l’intelligence économique et la veille stratégique, ainsi que sur les ressources humaines. 

lundi 30 mai 2011

Suis-je une extra-terrestre?

J'ai décidé de formuler cela comme ça, parce qu'il m'arrive au vu de certaines réactions, de me poser la question. Une fois n'est pas coutume, il s'agit d'un billet dont le sujet m'a été demandé par bebe-bebe.com, une plate-forme destinée aux parents, ce qui constitue une de mes activités, même si elle est à temps "partiel".

J'ai deux fillettes de 5 ans et demi (oui, des jumelles... mais qui ne se ressemblent pas du tout) dont j'ai la garde une semaine sur deux et la moitié des vacances. Parallèlement, j'ai fondé il y a 18 mois mon entreprise avec un associé et depuis 3 mois, j'ai ouvert mon propre blog tout en en profitant pour développer davantage ma présence en ligne sur divers réseaux sociaux. Côté enfants, je suis plutôt bien lotie. Déjà, elles vont à l'école (les horaires sont absurdes, mais il y a une très bonne structure d'accueil pas loin entre midi et deux et après 15h), ensuite, elles sont vraiment cool, stimulantes au niveau de leurs questions existentielles et m'obligent à évoluer en tant que mère, autant qu'en tant qu'individu.

Pour mon entreprise, la première année a été aussi compliquée en terme d'organisation et de gestion que vous pouvez l'imaginer, un peu comme un troisième enfant à gérer, sauf qu'en plus, il faut convaincre des gens de travailler avec vous alors que vous êtes tout jeune. Humainement, professionnellement, c'est une aventure ardue et passionnante où j'ai pu découvrir que c'est dans les moments difficiles que l'on découvre aussi de quoi on est fait.

Quant à mon blog, il a vu le jour après une période de remise en question en profondeur de mes envies, mes priorités, justement parce que les deux éléments précédents ainsi que d'autres paramètres m'avaient éloignée de mes fondamentaux. Ce blog, c'est mon truc à moi, mon territoire, l'endroit qui n'appartient qu'à la femme que je suis, pas à la maman, ni à la businesswoman. Il m'a permis de faire de nouvelles rencontres, d'explorer d'autres voies professionnelles et de me révéler à moi-même. Ce qui m'a finalement permis d'être à la fois une maman mieux dans ses baskets et une entrepreneuse plus efficace, plus confiante.

Bien sûr, il y a des frustrations, parce que malgré tout, le monde du travail et de l'entrepreneuriat n'est pas prévu pour des profils comme le mien: les événements de réseautage ont lieu le matin au moment où les enfants vont à l'école et le soir, quand il faut aller les chercher. Je ne connais d'ailleurs aucun homme qui a monté son entreprise en ayant la garde de ses enfants une semaine sur deux et la plupart des femmes que j'ai rencontrées qui l'ont fait étaient ou sont en couple (côté sécurité financière, ça rassure déjà!). Mon blog, je m'en occupe le soir, lorsque j'ai l'esprit libre et que je suis seule avec moi-même. La semaine où je n'ai pas mes filles, j'essaie également de maintenir ma vie sociale personnelle en voyant mes amis, en allant au cinéma ou en faisant des sorties qui me font plaisir.

C'est important, le plaisir, essentiel. J'ai découvert récemment que les contraintes que l'on choisit, que l'on accepte, ne sont plus des contraintes. Du coup, pas de frustrations. C'est ma conclusion numéro 1.

La deuxième, c'est que lorsqu'on est animé par la passion de la vie, par la curiosité, l'envie d'aller vers les autres, on dispose de ressources illimitées.

La troisième, c'est que lorsque l'on fait les choses parce qu'elles nous correspondent, par amour, tout est plus facile, on est plus efficace quant on aime ce qu'on a choisi et surtout, qu'on a choisi de faire ce que l'on aime.

La quatrième, c'est de savoir s'écouter, se respecter tel que l'on est, en connaissant ses forces et en acceptant ses limites. L'équilibre personnel, c'est la base du bonheur, la pierre angulaire de la réussite au sens où je l'entends désormais.

Enfin, tout cela ne serait pas possible sans mes filles et le moteur qu'elles représentent, sans ma famille sur laquelle je peux compter à tout moment, sans mes amis qui me soutiennent et m'apportent leurs propres sourires et avec qui j'ai des échanges qui me font grandir, sans mon associé qui me permet d'être une extra-terrestre qui s'assume. Tous, ils participent à me donner le courage de continuer chaque jour en appréciant la vie que j'ai, que j'ai choisie, telle qu'elle est. Je l'aime, parce que c'est la mienne, rien qu'à moi.

Comme le disait ce bon vieux Périclès : "Il n'est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage".


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